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(à l'Académie des Sciences - 18 avril 1877)
Procédé d'enregistrement et
de reproduction des phénomènes perçus par l'ouïe
En général, mon procédé consiste à
obtenir le tracé du va-et-vient d'une membrane vibrante et se servir de ce
tracé pour reproduire le même va-et-vient, avec ses relations intrinsèques
de durées et d'intensités, sur la même membrane ou sur une autre appropriée
à rendre les sons et les bruits qui résultent de cette série de mouvements.
Il s'agit donc de transformer un tracé extrêmement délicat, tel que celui
qu'on obtient avec des index légers frôlant des surfaces noircies à la
flamme, de transformer, dis-je, ces tracés, en reliefs ou creux résistants,
capables de conduire un mobile qui transmettra ses mouvements à la membrane
sonore.
Un index léger est solidaire du centre de figure d'une
membrane vibrante ; il se termine par une pointe (fil métallique, barbe à
plume, etc.) qui repose sur une surface noircie à la flamme. Cette surface
fait corps avec un disque animé d'un double mouvement de rotation et de
progression rectiligne. Si la membrane est au repos, la pointe tracera une
spirale simple ; si la membrane vibre, la spirale tracée sera ondulée, et
ses ondulations représenteront exactement tous les va-et-vient de la
membrane, en leurs temps et en leurs intensités.
On traduit au moyen de procédés photographiques actuellement bien connus,
cette spirale ondulée et tracée en transparence, par une ligne de semblable
dimension, tracée en creux, ou en relief dans une matière résistante (acier
trempé, par exemple).
Cela fait, on met cette surface résistante dans un appareil
moteur qui la fait tourner et progresser d'une vitesse et d'un mouvement
pareils à ceux dont avait été animée la surface d'enregistrement.
Une pointe métallique, si le tracé est en creux (ou un doigt
à la croche s'il est en relief) est tenue par un ressort sur ce tracé, et,
d'autre part, l'index qui supporte cette pointe est solidaire du centre de
figure de la membrane propre à produire des sons.
Dans ces conditions, cette membrane sera animée, non plus par
l'air vibrant, mais par le tracé commandant l'index à la pointe,
d'impulsions exactement pareilles, en durées et en intensités à celles que
la membrane d'enregistrement avait subies.
Le tracé en spiral représente des temps successifs égaux par
des longueurs croissantes ou décroissantes. Cela n'a pas d'inconvénients, si
l'on utilise que la portion périphérique du cercle tournant, les tours de
spire étant très rapprochés. Mais alors on perd la surface centrale.
Dans tous les cas, le tracé en hélice sur un cylindre est
très préférable ; et je m'en occupe actuellement d'en trouver la réalisation
pratique.
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