2009-08-05

1902
Chanson créée par Mayol en 1902, paroles d'Adolph Spahn, adaptées par Alexandre Trébitsch et Henri Christiné, musique d'Adolph Spahn (vers 1898), adaptée par Henri Christiné.

Avec "La Matchiche", le plus grand succès de Mayol ; malheureusement, aujourd'hui, le plus mal distribué (en repiquages) et plus souvent qu'autrement mal restauré. - Neuf fois sur dix, il s'agit de la version de 1932 qui n'est pas - et de loin - sa meilleure.


Un disque Parlophone N° 22923



Félix Mayol (vers 1903)

Existent pourtant deux autres versions : une, enregistrée en 1902 chez "Zonophone" puis distribuée en 1905 sous étiquette "Gramophone" et  une deuxième, en 1903, chez Pathé.

(cliquez ici pour l'histoire de ces deux marques)

Malgré tous les efforts que nous avons déployés, il nous été impossible, pendant des années, de retrouver l'une ou l'autre de ces versions jusqu'à ce qu'un collectionneur de la ville de Québec, François Laprise, nous fasse parvenir une copie de sa version mais attention : une version distribuée au Canada, vers 1905, sous étiquette "Berliner
Gram-O-phone" ! Et puis, vers à peu près la même période, un autre collectionneur du nom de Jean Cocart-Frédet de Paris nous en fait parvenir une copie distribuée à l'origine en France.

Voir également notre série La chanson française... en 50 chansons au numéro 12.

Voici donc, avec leur permission, "Viens Poupoule" chantée par Mayol en 1902 (attention, c'est pas jeune !) :

La version Berliner-Gram-O-phone - numéro 527



 

 

Extrait de Paris qui Chante 1ère année n°5
paru le 22 février 1903.

Paroles

Le samedi soir après l'turbin
L'ouvrier parisien
Dit à sa femme : Comme dessert
J'te paie l'café-concert
On va filer bras dessus bras dessous
Aux galeries à vingt sous
Mets vite une robe faut s'dépêcher
Pour être bien placés
Car il faut
Mon coco
Entendre tous les cabots

Viens poupoule, viens poupoule viens !
Quand j'entends des chansons
Ca me rend tout polisson
Ah !
Viens poupoule, viens poupoule viens !
Souviens-toi que c'est comme ça
Que je suis devenu papa.

Un petit tableau bien épatant
Quand arrive le printemps
C'est d'observer le charivari
Des environs de Paris
Dans les guinguettes au bord de l'eau
Au son d'un vieux piano
On voit danser les petits joyeux
Criant à qui mieux mieux
Hé le piano !
Tu joues faux !
Ca n'fait rien mon petit coco.

Viens poupoule, viens poupoule viens !
Ce soir je t'emmène ... où ?
A la cabane bambou
Hou !
Viens poupoule, viens poupoule viens !
Et l'on danse plein d'entrain
La "polka des trottins"

Avec sa femme un brave agent
Un soir rentrait gaiement
Quand tout à coup jugez un peu
On entend des coups de feu
C'était messieurs les bons apaches
Pour se donner du panache
Qui s'envoyaient quelques pruneaux
Et jouaient du couteau
Le brave agent
Indulgent
Dit à sa femme tranquillement :

Viens poupoule, viens poupoule viens !
Pourquoi les déranger
Ça pourrait les fâcher
Ah !
Viens poupoule, viens poupoule viens !
Ne te mets pas en émoi
Ils se tueront bien sans moi

Deux vieux époux tout tremblotants
Marient leurs petits enfants
Après le bal vers les minuit
La bonne vieille dit
A sa petite fille tombant de sommeil :
Je vais te donner les conseils
Qu'on donne toujours aux jeunes mariés
Mais le grand-père plein de gaieté
Dit doucement :
Bonne maman
Laisse donc ces deux enfants

Viens poupoule, viens poupoule viens !
Les petits polissons
N'ont pas besoin de leçons
Ah !
Viens poupoule, viens poupoule viens !
Je suis bien certain ma foi
Qu'ils en savent plus que toi

Les jeunes mariés très amoureux
Viennent de rentrer chez eux
Dans leur gentil petit entresol
Ils crient : Enfin seuls !
Madame se met vite à ranger
Sa petite fleur d'oranger
Pendant que Monsieur bien tendrement
Dit amoureusement
Pour tâcher
De s'épancher
Montrant la chambre à coucher :

Viens poupoule, viens poupoule viens !
Les verrous sont tirés
On pourra se détirer
Ah !
Viens poupoule, viens poupoule viens !
Viens chanter mon coco
La chanson des bécots

Un député tout frais nommé
Invitait sa moitié
A venir entendre un grand discours
Qu'il prononçait le même jour
Mais à peine a-t-il commencé
Qu'on lui crie : C'est assez
Constitution ! Dissolution !
Pas d'interpellation !
Ahuri
Abruti
Il prend son chapeau et dit :

Viens poupoule, viens poupoule viens !
Je ne veux pas devenir sourd
Pour vingt-cinq francs par jour
Ah !
Viens poupoule, viens poupoule viens !
C'est bien assez ma foi
D'être attrapé par toi.


Note : Il existe, comme nous le mentionnions au début de cette page, plusieurs versions de cette chanson (et plusieurs enregistrements et des versions différentes à partir du même enregistrement). - Les paroles en gris n'ont jamais été, à notre connaissance, chantées sur les versions enregistrées sur disques.