Enregistrée pour la première fois le 6
juillet 1923. - Chez Pathé, numéro 0383P et 4087.
Éditeur : Les Nouvelles Éditions Méridian
- Paris
Cliquez sur la note ci-dessous pour
entendre cette chanson aujourd'hui célèbre, hymne de la Répblique de
Montmartre et qu'on appelle également «Mon't là-d'sus»
- chantée par
Lucien Boyer et, comme il l'annonce lui-même :
«...le Comité de la République : Messieurs Forrain, Wilette,
Neumont, Wilette, Poulbot, Joë Bridge,
Lucien Boyer, Marianne et... ses
dames d'honneur »
Mont' là-dessus (...et tu verras Montmartre)- enregistré en 1923
Commentaires de Monsieur Roger-Paul
Dupuis de Montmorillon (Vienne), à l'occasion du 80e anniversaire de cet
enregistrement (six juillet 2003) :
Je possède un exemplaire d'un des
premiers pressages de «...Tu verras Montmartre» (Pathé saphir 4087). A cette
époque - la coutume s'est perdue peu de temps après - les opérateurs
écrivaient à la main sur la matrice, en tout petits caractères, la date de
l'enregistrement.
Cette précieuse mention se trouve reproduite inversée à coté de l'étiquette.
Muni d'un miroir et d'un bon éclairage, j'ai pu déchiffrer : six juillet 1923
!
Pour fêter dignement les 80 ans de cet étonnant enregistrement, je vous
joins une image de l'étiquette du disque original :
(Cliquez pour agrandir)
De plus, voici quelques mots sur les
illustres personnages qui ont côtoyé les plus grands artistes et intellectuels
de leur époque, membres du comité de la République de Montmartre et qui
accompagnent en chœur Lucien Boyer :
Jean-Louis FORAIN
Peintre (1852-1931) de composition à
personnages, figures, peintre à la gouache, aquarelliste, pastelliste,
graveur, lithographe, dessinateur, illustrateur, caricaturiste, affichiste,
impressionniste.
Ici, nous ne reprendrons pas la biographie de Forain, ni son œuvre. C’est en
qualité de témoin de la vie parisienne et des compositions poétiques d’Arthur
Rimbaud (1871-1873) qu’il intervient dans ce dossier et principalement suite
à son témoignage au sujet de «Poison perdu».
Verlaine présenta Rimbaud à Forain fin 1871. Verlaine avait fait la
connaissance du jeune peintre, juste après son mariage, et probablement lors
d’un dîner des Vilains-Bonhommes. Les amis communs se nomment Charles Cros
(tiens ! tiens !), Cabaner, Jolibois, Ponchon, Mérat,… puis Nouveau, Richepin, …
Louis Forain fut l’ami de Verlaine et Rimbaud, il échangea une correspondance
suivie avec ce dernier dont seul un fragment de lettre nous est connu, il
partagea aussi la mansarde de la rue Campagne-Première. Celui qu’ils
surnommaient Gavroche restera muet sur les souvenirs liés à cette période.
Ces heures où le peintre et le poète attendaient Verlaine, celles où Rimbaud
accompagnait Forain au Louvre ne devaient pas être vides de toutes
discussions, impressions, etc.
Forain restera un ami de la poésie toute sa vie, d’après ses biographes, il
récitait des poèmes, d’ailleurs certaines de ses productions contiennent des
vers de Banville, Verlaine…
Lui-même, en 1873, fut publié deux fois dans "La Renaissance Littéraire et
Artistique" : « La danse des pantins » et « Dames de comptoir ».
Commentaire tiré du site web :
«http://monsite.wanadoo.fr/POISONPERDU/page4.html» (lien non opérant le 27 janv.
2007)
Adolphe Léon WILLETTE
Né à Châlons-sur-Marne le 31 juillet
1857, mort à Paris le 4 février 1926.
Élève de Cabanel à l'École des Beaux-arts, débute au Salon en 1881 avec la
Tentation de St Antoine, collabore successivement au Chat-Noir, au Courrier
Français, au Triboulet et au Rire. Polémiste ardent, il fonda Le Pierrot puis
Le Pied de Nez ; en 1910, il participe à la création du journal Les
Humoristes.
Officier de la Légion d'Honneur en 1912.
"Fort en gueule", sort avec son ami Steinlen dans le cabaret de
Bruant ou
chez son ami Salis dont il a peint l'enseigne : un chat hiératique.
Il a dessiné de nombreux menus pour
des brasseries où il mangeait en contrepartie.
...
Willette Adolphe, signe BEBE, CEMOI
, LOUiSON , NOX, PIERROT , VENDREDI (Châlons-sur-marne 1857-1926 Paris) Fils
de Colonel, étudie au lycée de Dijon. Elève de Cabanel, dessinateur humoriste
tendre et rêveur, descendant de Watteau pour la recréation de Pierrot et
Colombine. Illustre Victor Hugo, A. Tavernier et les chansons de Paul Delmet.
Huit albums, des cartes postales programmes, éventail, menus, couvertures de
livres, affiches publicitaires, d’emprunts de guerre et pour le Courrier
Français ; auteur de fresques pour l’Hôtel de Ville de Paris, pour le bal
Tabarin, de vitraux pour Le veau d’or décore des auberges, tavernes,
cabarets. Sociétaire des Humoristes, expose aux Incohérents, aux Salon et à
l’Araignée. Se présente en candidat antisémite aux élections de 1889. (Ça
c'est moins gai ! )
Créateur avec Forain, Poulbot et Neumont de la République de Montmartre.
Pendant les années noires de 1914-18, réussit de grands dessins, truculents
et violents. Fonde : Le Pierrot (1888-1891) ; La Vache Enragée (1896-97) ; Le
Pied de Nez (1901) ; Co-fonde le journal Les Humoristes avec Steinlen (1901).
Publie ses souvenirs en 1919 "feu Pierrot" . Décoré de la Légion d’honneur.
Commentaires tirés des sites web (pas toujours opérationnels):
http://www.menustory.com/Artistes/willette.htm
(lien non opérant le 27 janv.
2007)
Maurice Neumont est né à Paris le 22
septembre 1868. Artiste peintre et affichiste, il a réalisé pendant la
première guerre mondiale plusieurs affiches pour le gouvernement français.
Dessinateur français (1879-1946). Il
est né à Saint-Denis, banlieue populaire de Paris. C'est dans son enfance
qu'il puisa son inspiration et les enfants qu'il dessina toute sa vie sont
devenus célèbres sous son nom : on les nomme petits poulbots.
Ce sont des gamins, ceux de son souvenir, ceux qu'il côtoyait à Montmartre où
il habitait. Il multiplia les croquis et trouva pour les commenter des
légendes qui soulignaient l'humour des personnages.
Personne ne sut mieux que lui traduire leur charmante insolence, leur misère
orgueilleuse et leur détresse. Leur frimousse au nez court, aux yeux vifs,
leur silhouette d'enfants sous-alimentés vêtus de vêtements trop grands, font
partie du folklore de la Butte Montmartre. Avec les moineaux effrontés des
squares et des escaliers de la Butte, les poulbots n'ont disparu du quartier.
L'artiste réalisa de nombreuses affiches et fit en outre une carrière
d'illustrateur, apportant par son talent un surcroît d'intérêt à des œuvres
telles «La maternelle» de Léon Frapié, «Dans la rue» d'Aristide Bruant, le
«Massacre des Innocents» d'Alfred Machard. Il est l'auteur d'aquarelles et de
toiles qui ne furent jamais aussi prisées que les dessins d'enfants qui lui
avaient apporté la gloire.
Commentaire extrait de
l'Encyclopédie
COLORAMA Editions Arnoldo MONDADORI, Milan 1970.
Petit commentaire personnel : les
touristes visitant Paris peuvent acheter des gravures modernes aux couleurs
criardes de petits gamins joufflus en casquettes, que l'on nomme abusivement
des Poulbots, posant dans une improbable rue de Paris avec en fond,
l'incontournable Tour Eiffel. Cela n'a absolument rien à voir avec l'œuvre
de Francisque POULBOT.
Pour preuve ci-dessous une illustration de POULBOT toujours tirée de
l'Encyclopédie COLORAMA ci-dessus mentionnée :
(Cliquer pour agrandir)
Quelques renseignements sur la
République de Montmartre :
http://www.bibliopolis.net/banque/cot/28jo/2802-15.html
(Site pas toujours en opération)
L'Œuvre de la République de Montmartre. Montmartre: 1927. in-12, 1 f.
(titre), 45p. ill. Couv. impr. --- Le Comité directeur de la République de
Montmartre comprend J.-L. FORAIN, Maurice Neumont, POULBOT, Henri Avelot...
La République s'occupe du "Dispensaire des petits poulbots" dans le but de
"Sauvegarder et améliorer la santé physique et morale des enfants de
Montmartre" [1921, avec local en 1923]. --- Brochure illustrée par Carlègle,
Willette, Poulbot, Warnod... On y retrouve les rapports d'activités pour
l'année 1926-27et la liste des membres d'honneur, bienfaiteurs, parrains et
marraines, et donateurs. --- AVEC 2 formulaires : l'un pour adhérer au
Dispensaire des petits poulbots (2f, 2p. dont un extrait des Statuts),
l'autre pour s'enrôler dans la République de Montmartre (2 f., 2 p. ill. des
"armes" de la République). --- Bon état. RARE.
Aux paroles maintenant !
(Note : les couplets en guillemets ne
sont pas sur la version endisquée)
Il y a dans la plaine,
Boulevard des Italiens
Un tas d'énergumènes
Qui s'croient très parisiens
Partout mêm' chez l'ministre
Ils arrivent bons premiers
S'il s'produit un sinistre
Ils appellent les pompiers
Aussi quand je rencontre
Un de ces m'as-tu-vu
J'lui dis faut que j'te montre
C'que tu n'as pas encor' vu
Refrain :
Mont' là-d'sus
Mont' là-d'sus
Mont' là-d'sus
Et tu verras Montmartre
Et sois-bien convaincu
Qu'tu verras sur'ment quèque chos' de plus
[Mont' là-d'sus !]
De là haut
S'il fait beau
Tu verras
Paris jusqu'à Chartres
Si tu n'las pas vu
T'a qu'à monter là-dessus
Tu verras Montma-a-artre !
Vous rentrez de voyage
Madame n'est pas là
Vous vous mettez en rage
On sonne là voilà
Elle murmur' d'un air triste
Chéri j'arrive en r'tard
J'suis restée chez l'dentise
Au moins trois heur's et quart
Y faut pas battre un' femme
Même avec une fleur
Au lieu de faire un drame
Fredonnez d'un air moqueur
[Au refrain]
Allô Mademoiselle
Répète l'abonné
D'puis une heure j'appelle
J'en suis congestionné
Avec la surveillante
Pour un' réclamation
Je veux séance tenante
La communication
Arriv' la surveillante
Qui dit : "Bien, c'est noté !"
Et tout l'personnel chante
Dans l'bureau des P.T.T.
[Au refrain]
À chaque conférence
Nos anciens alliés
Veul'nt isoler la France
Pour la voir à leurs pieds
Leur plan machiavélique
Était de nous fâcher
Même avec la Belgique
Ell' ne veut pas marcher
Et quand Monsieur Lloyd Georges (*)
Chante "De profundis"
Riant à plein gorge
V'là c'quépond l'Mann'ken Piss
[Au refrain]
Quand votre légitime
Désire un diamant
Au moment l'plus intime
Ell' vous flatte et comment
Ell' gémit : "C'est terrible
C'que tu m'donnes du bonheur
Arthur ! C'est pas possible
Vous devez être plusieurs !"
Ayez de l'indulgence
Offrez-lui le bijou
Mais si ell' recommence
Dit's-lui : "Ta bouche mon Loulou !"
[Au refrain]
Dernier couplet dit Couplet de la République de Montmartre
Notre jeun' République
À Montmartre là-haut
Vient de faire une clinique
Pour les petits Poulbots
C'est un enfant prodige
Qui dirige l'orphéon
Il s'appelle Joë Bridge
Guel' d'Empeign' Gédéon
Forain, Neumont, Willette
Ont l'bibi tracassin
Lorsque le cœur en fête
Nous leur chantons ce refrain
[Au refrain]
(*) En mars 2003, quelqu'un a
suggéré de remplacer les quatre derniers vers de ce couplet par ceux-ci :
Et quand Monsieur Georges Bush
Nous dit : "Allons, allons !"
Riant à plein bouche
Voici c'qu'on lui répond :