Sans doute la chanson française la plus connue au monde, du
moins la plus jouée mais sait-on qu'elle est d'origine belge pour la
musique ? - Et les Russes qui en ont fait leur hymne national de 1918 à
1943, savaient-ils qu'elle était française ?
Nous en proposons trois versions, l'une en français,
naturellement, une deuxième non pas en russe mais dans une version
orchestrale qui en surprendra quelques uns par ses origines et puis,
finalement, une troisième java... javanaise (mettons).
Nous les avons retrouvées, toutes les trois, sur un site
russe qui n'en contient pas moins d'une cinquantaine de versions dont une en
kurde et une autre en yiddish :
Origine inconnu. - Version avec orchestre et chœur - 03mn22
Puis la version orchestrale :
Par le "Wachregiment Berlin" (Berlin Regimental Band)
(sic), sous la conduite de G. Grosch, enregistré par la Deutsch Radio
Gesellschaft, la seule et unique version enregistrée en 'Allemagne nazi' en prévision des Jeux Olympiques de 1936, jeux auxquels
la Russie, comme nous le savons tous, n'a pas participé.
Wachregiment Berlin (Berlin Regimental Band) - G. Grosch -
1936 - 01mn36
Finalement, pour la version javanaise :
Pour votre prochain bal musette ou votre prochain concert
de jazz...
Origine inconnu [*] - Accordéon, violon, saxo,
guitare, batterie... 02mn03
[*] Un lecteur de
Villemandeur, Monsieur Jean-René Coquelin, nous informe, le 15 novembre
2007, qu'il s'agit là d'une variation sur le thème de l'Internationale
composée et interprétée par Stéphane Grappelli qui a écrit la musique (dont
ce thème fait partie) du film «Milou en mai» de Louis Malle (1990). -
Merci Monsieur Coquelin !
Paroles :
Debout, les damnés de la terre
Debout, les forçats de la faim
La raison tonne en son cratère,
C'est l'éruption de la faim.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout, debout
Le monde va changer de base,
Nous ne sommes rien, soyons tout.
Refrain (répété deux fois)
C'est la lutte finale ;
Groupons nous et demain
L'Internationale
Sera le genre humain.
Il n'est pas de sauveurs suprêmes
Ni Dieu, ni César, ni Tribun,
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes
Décrétons le salut commun.
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l'esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre force,
Battons le fer tant qu'il est chaud.
L'État comprime et la Loi triche,
L'impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s'impose au riche ;
Le droit du pauvre est un mot creux
C'est assez languir en tutelle,
L'Égalité veut d'autres lois ;
«Pas de droits sans devoirs, dit-elle
Égaux pas de devoirs sans droits.»
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la banque
Ce qu'il a crée s'est fondu,
En décrétant qu'on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.
Les rois nous saoulaient de fumée,
Paix entre nous, guerre aux Tyrans
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l'air et rompons les rangs !
S'ils s'obstinent ces cannibales
A faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.
Ouvriers, paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs,
La terre n'appartient qu'aux hommes,
L'oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours.