Chanson créée à l'origine par
Mayol -
paroles de Ferdinand-Louis Bénech - Musique de Désiré Berniaux.
Martin Pénet dans son
Mémoire de la Chanson (Omnibus Culture, 2001) mentionne que Mademoiselle
Pervenche (Fréhel) aurait chanté cette chanson l'année de sa création au
Casino de Montmartre. Il mentionne en outre que les premiers enregistrements
qu'on en aurait fait auraient été de Paul Lack, Jean Péheu et
Dalbret, en
1909.
Pas une grande chanson
mais le refrain fait partie de ceux qui, quand on les entend une fois, restent
en mémoire. Et toujours cette diction merveilleuse.
C'était un jeune homm' très amoureux Mais qui n'était pas heureux Et pour y noyer sa peine Il alla s'fiche à la Seine Mais voilà qu'au moment instant il vit Une femme qui faisait comme lui Et pour sauver la demoiselle Il se mit à nager vers elle Elle lui dit : «Monsieur, c'est égal Excusez-moi d'vous donner tant d'mal !»
«Y'a pas d'mal à ça, Mam'zelle Moi, c'est la même chose que vous !» Dit le jeune homme à la demoiselle Qui le saisit par le cou Ils allaient s'noyer sur place. Le jeune homme dit en s'enfonçant : «Pour une fois qu'une femme m'enlace Je n'ai pas d'veine assurément.»
Heureusement pour eux qu'il arriva Un bateau qui les sauva Aussitôt on déshabille Le jeune homme et la jeune fille Ils étaient tous deux complètement nus Comme deux petits Jésus. Quand enfin la demoiselle Finit par revenir à elle En se voyant comme ça, elle lui dit : «Excusez-moi de m'montrer ainsi !»
«Y'a pas d'mal à ça, Mam'zelle Moi, c'est la même chose que vous !» Dit le jeune homme à la demoiselle En rougissant malgré tout Car la voyant si jolie Avec ses grands yeux si doux Le jeune homme n'avait plus envie
Maintenant de mourir du tout.
Il lui dit : «D'abord, faut que vous me juriez De ne pas recommencer !» Prenant le bars de la belle Il la ramena chez elle Mais comme il venait la voir chaque jour Et n'osait pas parler d'amour Ce fut la jeune fille elle-même Qui lui dit un soir : «J'vous aime !» Puis elle ajouta : «C'est égal Monsieur, vous allez me juger bien mal !...»
«Y'a pas d'mal à ça, Mam'zelle Moi, c'est la même chose que vous !» Dit le jeune homme à la demoiselle En l'embrassant comme un fou Voilà comment dans leur déveine La demoiselle et son sauveur S'étant jetés dans la Seine Nagèrent enfin dans le bonheur !