Faut-il préciser qu'elle est la fille du compositeur Charles Sablon, la
sœur de Marcel, le metteur en scène, et de Jean qu'il est inutile de présenter ?
Elle est née le 19 juillet 1899 - et donc presque sept ans avant Jean -
au Perreux-sur-Marne, alors un village idyllique mais qui, aujourd'hui fait partie de
l'immense banlieue de Paris. Très tôt, on lui fait suivre des cours de piano, de chant et même de théâtre (chez Dullin). À dix-huit, dix-neuf ans, elle débute dans des seconds rôles à
l'opérette mais se dirige très vite vers le cinéma où elle tourne, aux débuts des années vingt, dans quelques films dont Au-delà des lois humaines de Marcel Dumont et de Gaston
Roudès, Le Mont maudit de Paul Garbagni, Sans fortune de Geo Kessler... dont les titres en disent long sur le contenu. - Vers la même époque, elle rencontre son futur mari
dont le père dirige Le Journal de Valence où elle se retire pour donner naissance à deux fils.
À la fin des années vingt, elle décide de reprendre son
métier et, jusqu'à la guerre, elle mènera parallèlement deux carrières : une au cinéma (douze films entre 1931 et 1940 dont Si tu reviens avec
Réda Caire et Au soleil de
Marseille avec Henry Garat) et une autre dans les cabarets et les music-halls de l'époque où elle ne passera jamais inaperçue.
Une voix grave qui n'est
pas sans rappeler Suzy Solidor mais aux nuances différentes et utilisée dans un tout autre répertoire.
Elle
se ne gêne pas, par exemple, pour enregistrer
Fascination, Mon légionnaire, Qu'avez-vous fait de mon amant ?, Quand l'amour meurt et même
La petite île de Nohain et
Mireille. - En duo avec son frère, elle grave,
entre autres, Un amour comme le nôtre qui, avec Django Reinhardt, demeure inoubliable.
Au cours de la guerre et de l'occupation, elle est partout : elle
chante pour les soldats sur la ligne Maginot, est aide-infirmière, conductrice, directrice d'un foyer d'aide et s'occupe également de liaisons. En 1943, sur le point d'être arrêtée, elle
s'enfuit avec son compagnon, Joseph Kessel, et rejoint Londres après de rocambolesques aventures. De là, elle rejoint l'armée française pour participer, en tant qu'infirmière, les
campagnes d'Italie et de France. - Croix de guerre, Légion d'Honneur, elle fait sa rentrée à Paris en 1945 à l'A.B.C. pour rejoindre son frère,
Jean, à New York, pour se rediriger vers le
Canada et ensuite vers le Brésil où elle vit un an avec sa mère, revient à Paris, fait de la radio, du cinéma (Foire aux femmes de Jean Steli, en 1956) avant de prendre sa retraite à la
fin des années cinquante.
Ouf ! - Oui : une vie fort occupée.
Illustration musicale
Il serait facile de citer plusieurs enregistrements mais celui que nous avons choisi a ceci de particulier : il a fait partie du répertoire de deux autres
grandes interprètes de la chanson française et il a comme titre celui d'une chanson légendaire, «Mon légionnaire».
(On pourra comparer avec la version
Marie Dubas en cliquant
ici)
Voici donc, interprété par
Germaine Sablon, de Raymond Asso (paroles) et de Marguerite Monnot (musique), un disque Gramophone K7930 enregistré le ou vers le premier juin 1937 :