Demi-dieu né Constantino Rossi à Ajaccio (Corse) le 29 avril 1907,
décédé à Paris 26 septembre 1983. Ses cendres reposent dans le tombeau
de sa famille au cimetière marin de sa ville natale.
Il est le troisième enfant d'une famille de
huit dont le père est tailleur.
Il a une voix.
En 1927, il quitte la Corse pour, selon les
légendes consultées, faire son service militaire, rejoindre une jeune
violoniste ou participer à des concours de chants.
Le public de l'Alcazar, à Marseille, le sacre le plus
grand chanteur de charme de tous les temps.
En 1932, il enregistre deux chansons corses, O
Ciuciarella et Ninni-Ninna, et devient, de ce coup, immortel.
Quatre autres chansons suivront en 1933 : une Berçeuse, Ajacciu Bellu,
A Rustaglia et Canzona di u Cucu.
Et puis six autres, la même année, en français : Letango de Marilou, Quand reviendront les hirondelles, Viens aimer,
Sanguinari, Loin de moi et Pourquoi des larmes.
Paris le réclame.
En 1934 - les hagiographes disent : le 14 octobre
1934 et précisent même l'heure : 22h30 - l'être éthéré qu'il est déjà devenu
fait ses débuts parisiens sur la scène du Casino.
Son succès est tel qu'il enregistrera, cette
année-là, pas moins de quarante-cinq titres dont quelques uns ne cesseront
jamais d'être disponibles : J'ai rêvé d'une fleur, Manon, O Corse Île
d'amour, Vieni... Vieni, l'Amour est une étoile et deux versions de la
même chanson, une fois dans sa langue originelle (italien) et une autre fois
en français : Parlami d'amore Mariu ou Le chaland qui passe.
Sa popularité ne fléchira jamais.
Ses prestations médiocres dans des films inavouables,
les défauts de sa voix, l'embonpoint, l'âge, le choix douteux de certaines
chansons, les modes, rien ne l'atteindra. - Jusqu'à sa toute fin, il sera
honoré, adulé, adoré.
Aujourd'hui, plus de vingt ans après sa mort, ses
disques se vendent toujours et si ces refrains font souvent sourire ceux qui
ne l'ont jamais entendu, il est très rare que ces nouveaux auditeurs ne
s'arrêtent pas un moment pour écouter cette voix venue d'ailleurs et qui
semble descendre directement des cieux ou du Mont Olympe.
Certains parlent de 1 014 enregistrements en 49
ans de carrière. C'est beaucoup. Pour notre part, entre 1932 et 1955, nous en
avons retracés 432 qui vont des titres mentionnés ci-dessus à Merci
Monsieur Schubert. D'autres ont suivi ; on n'a qu'à penser à son grand
succès des années soixante-dix, C'est le temps des guitares. On parle
également de ventes dépassant les trois cent millions dont plus de six cent
mille (ce qui nous semble plutôt peu) juste pour son Petit Papa Noël (1946).
Il aura chanté Tchi Tchi, Amapola, Marinella,
la Romance de Nadir (Les pêcheurs de perle de Bizet), Tant
qu'il y aura des étoiles, Catari Catari, toutes les versions connues d'Ave
Maria, Au bal de l'amour, Reviens (de Fragson), Chopin même
: Tristesse - sur des paroles de Jean Loysel -, et puis Mozart (Sérénade
de Don Juan), Schubert, naturellement, Rimsky Korsakov, Reynaldo Hahn,
des prières : Notre père et Je vous salue Marie, presque tout
Delmet,
Kosma et, comment aurait-il pu l'éviter ? Vincent
Scotto.
Lui-même avouera n'avoir jamais très bien compris la
raison de son succès : «Je n'ai jamais appris à chanter, je suis né avec
cette voix, j'ai eu de la chance, c'est tout.»
Une voix ? - Luis Mariano, Georges Guétary ont eu des
voix. Julio Iglesias et Enrico Macias ont une voix. - Tino Rossi n'a pas une
voix : il a eu et continue d'avoir tous les attributs d'un dieu ou d'un
demi-dieu.
Dirons-nous de lui, un jour comme on le dit pour
Gardel, mort il y aura bientôt soixante-dix ans : «Il chante de mieux en mieux
de jour en jour» ? - Oui, probablement.
Extraits sonores :
Nous pourrions en citer cinquante, cent et ce ne
serait pas assez pour donner une idée de l'étendue de ses enregistrements.
Nous n'en citerons que quatre. Le premier, pour
étonner ceux qui ne connaissent de lui que ses tangos, rumbas, valses ou
succès de toujours, le deuxième pour parler de la petite histoire d'une
chanson d'un auteur, connu pourtant, mais à qui il ne nous viendra jamais à
l'esprit qu'il ait pu adapter les paroles de cette chanson, le troisième parce qu'il est
souvent confondu avec d'autres chansons de lui et puis finalement, un titre
qui, relié au chanteur de charme qu'il était, restera son plus grand succès
malgré que cela ait été une chanson pour enfants. - Et en presque annexe,
nous ajouterons un cinquième titre chanté en italien.
De Bizet, d'abord, tiré de ses Pêcheurs de Perle,
enregistré en 1934 :
La Romance de Nadir - orchestre de
Marcel Carivan
Puis cette chanson archi-connue qu'est :
Besame mucho, enregistré en 1945
Voir, pour le troisième, enregistrement, à : Marinella.
Et puis, of course, Petit Papa
Noël (H. Martinet - R. Vincy) qui date de 1946
Voir également à
Jean
Richepin
(pour son interprétation de : Le paradis
du rêve), à
Cinquante chansons françaises, au numéro 35
: Parlami d'amore, Mariu (Le chaland qui passe) et à Marinella... où vous trouverez un extrait vidéo de ce jeune Corse.
Depuis, en effet, que nous avons créé cette page
(en novembre 2002), nous avons reçu et continuons de recevoir des dizaines
de messages par mois nous réclamant, l'un, une chanson entendue il y a
trente, quarante ans, pour une mère, une tante, un oncle (qui l'imitait
«à la perfection»), l'autre, des renseignements
sur tel ou tel de ces films, et même - voir
le mot du webmaster - un mot d'un
toujours jeune homme qui, à trois ans, en 1943, chantait debout sur une
table du café de son village, Paquita et qui ne se souvenait
plus exactement ni du titre ni des paroles...
Cela nous encourage à aller plus en avant et à
fouiller dans nos vieux disques pour retrouver LA chanson qui pourrait faire
plaisir à tous mais, de toutes les chansons de Tino Rossi demandées depuis
plusieurs semaines, il y en a une que nous voudrions offrir tout de suite à
nos lecteurs et qui semble résumer ce que Tino Rossi a pu représenter en son
temps. - Il s'agit de la chanson-thème d'un de ces films : Destins de
Richard Pothier (1946), une chanson qui, sans son interprétation serait
peut-être oubliée aujourd'hui. - La voici :
Destin (Alstone - Jacques Larue, André Hornez) - 1946
Ajouts - au 9 juin 2003 :
Le courrier continue. Non seulement il ne diminue
pas mais il augmente. - Tino Rossi sera un jour canonisé.
On ne se souvient, parfois, que du refrain, que du
bout de film. - On ne se souvient même pas qu'il s'agit de Tino mais
l'impression est là, indélébile. - Le titre qu'on nous mentionne est parfois
si déformé qu'il faut des miracles d'imagination pour retrouver cette
Berceuse de Jocelyn ou ce Rêve de des Grieux, extrait de Manon. - C'est
qu'il en chanté des choses !
Cette semaine, c'est au tour d'une ne dame bien
gentille qui se dit mère de famille de l'époque des Beatles (Madame
Viviane le C.) et nous demande si nous n'aurions pas, parmi nos vieux
78T la Romance de Maître Pathelin (avec un
«H») : un souvenir d'enfance. - Mais oui,
nous avons - jusqu'en 1955, nous avons. - Comme il s'agit d'une chanson
moins demandée, la voici, pour le plaisir de tous et sans doute la
re-découverte de plusieurs :
Romance de Maître Pathelin( F. Bazini - Leu - Langle) - 1936
Ajouts - au 3 novembre 2003 :
Intéressant message reçu dernièrement de
Monsieur Philippe R. qui habite Vittel et qui nous écrit :
Je suis tombé par hasard sur votre site, et, grand amateur d'opéra, j'avoue avoir été sidéré d'entendre Tino Rossi, -- dont je me doutais bien qu'il était ténor léger, au demeurant -- chanter des airs d'opéras aussi difficiles que la Romance de Nadir ou la Berceuse de Jocelyn (bien oubliée aujourd'hui) !
Je serais heureux d'entendre le Rêve deManon de Massenet [chanté] par Tino Rossi. Il semble que
sa discographie opératique se limite à trois occurrences...
Suffisait de demander, Monsieur Philippe. Et tant
qu'à y être, nous en avons profité pour ajouter trois chansons de
Reynaldo Hahn (dont un étonnant Victor Hugo) et ce fameux Air
hindou de Rimsky-Korsakov. qu'on n'entend plus de nos jours. Bon
d'accord, ce n'est pas de l'opéra mais c'est tout comme.
Manon - Le chant des Grieux - Massenet - Meilhac - Gille - 1934
Paysage - Reynaldo Hahn et d'Andret Theuriet - 1935
D'une
prison- Reynaldo Hahn et Paul Verlaine - 1935
Si
mes vers avaient des ailes- Reynaldo Hahn (Victor Hugo) -
1954