Il débute au Château-d'Eau en 1880, où selon Caradec-Weill, dans «Le Café-Concert» (Fayard), il chantait, en 1883,
une chanson de Chaudoir :
Riboulant des œils comme'des carpes
Y-en a qui chantent des refrains d'amour
Moi, j'chante les souteneurs, les escarpes...
Henri Dreyfus «Fursy» lui a écrit certains des textes qu’il interpréta sur scène. Il fréquenta les artistes de cabaret de la Belle Epoque, de 1890 à 1910 où il rencontra
Polaire.
La référence de la collaboration entre Fursy et Reschal se trouve dans Larousse Mensuel Illustré, no. 271, septembre 1929, d'un article signé
Henry Lyonnet, dont un des passages se lit comme suit :
«Paulus, qui avait lancé
le Père la Victoire, trônait alors à
Ba-ta-clan, bizarre, fantasque, autoritaire. On y appelle Dreyfus qui écrit des chansons pour Mlle Duparc, Marguerite Duclerc, pour Reschal,
Fragson, etc.»
Dans les Mémoires de Fursy «Mon
petit bonhomme de chemin» en page 173, le chansonnier indique que Reschal, le gentil Reschal, a interprété «Plus que raide» au Parisiana, revue écrite avec Paul Ferrier. Philippe Chauveau
(Music-Hall et Café-Concert, Bordas, 1985) mentionne la présence de Reschal au Parisiana en 1894.
Fursy a été le secrétaire de Paulus et des
mémoires de ce dernier sont extraits les passages suivants :
Chapitre XXXII – Vers 1893/1894 :
… côté des hommes :
… le
réaliste était à la mode.
Mathias et Reschal, autres réalistes de talent, …, le second a conquis la vedette au
théâtre.
Chapitre XXXIII – (Départ à la retraite de Paulus - représentation exceptionnelle à la Gaîté le 19
décembre 1906 :
… le programme était vendu par mesdames …, Polaire, …
Les contrôleurs en chef étaient Reschal et Barally et des cartes postales autographe de votre serviteur avaient pour vendeurs irrésistibles
madame Colette-Willy et monsieur de Max.
Des mémoires de
Charlus, né Louis Napoléon Defer, publiées au début des années cinquante par «Le progrès
de l'Oise», intitulées «J'ai chanté - Souvenirs de Charlus», sont extraites ces quelques lignes :
Et puis, je pense à d'autres «confrères», mes camarades de scène :
Fursy, mort assassiné, peut-on dire, pour
s'être montré trop «rosse» dans l'une de ses chansons ; Raimu, à ses débuts à Toulon ;
Plessis, Jacquet,
Claudius, Mansuelle, qui sonnait si
bien du clairon ; Kam-Hill, frère de Jean Périer ; Max-Dearly – nous étions ensemble au Jardin de Paris, alors sous la direction de Zidler –
Reschal, Bergeret, qui, à lui seul,
pouvait assurer la composition d'un programme ;
Dona,
Dalbret, Maréchal, qui détaillait si finement ses chansons ; Fortugé, mort trop tôt pour avoir donné toute sa mesure ; Gaston Haberkorn,
Marcel Legay, plus près du cabaret que du café-concert ;
Montéhus, que l'on vient de décorer
de la Légion d'Honneur, et qui, en tenue de disciplinaire, eut tant d'imitateurs dans les «beuglants» de province.
Philippe Chauveau, dans un historique sur le Moulin Rouge, explique que dans ce célèbre établissement de la place
Blanche, on a dansé mais chanté également et cite quelques uns des artistes qui y sont passés :
Claudius, Reschal,
Victor Lejal,
Bach,
Louise Balthy,
Georges Milton,
Sulbac,
Germaine Galois, Max
Dearly,
Mistinguett,
Gaby Deslys, Andrée Darcy,
Henri Garat,
Dréan,
Jean Gabin et
Yvonne Georges. - Charles Reschal s’est trouvé en très bonne compagnie.
En 1896, les feuillets publiés sous le générique
«Le Panorama» et sous-titré «Nos jolies actrices» sous la
responsabilité de Louis Baschet, présentent sur une page cinq artistes masculins, Brunin, Bruant, Vaunel, Bourges et Reschal. Charles est vêtu comme un ouvrier de l’époque, casquette, ceinture
large et foulard. Le commentaire est :
«Reschal, aimé des Dieux, des femmes et des chansonniers».
La photographie Charles est signée de Eugène Pirou dont la célébrité est déjà établie. L’annulaire de sa main gauche est
orné d’une alliance. La légende de la photographie apporte aussi une information, en 1896, Reschal n’avait pas encore de prénom.
Il a créé un certain nombre de chansons ;
«La Rouquine», portrait réaliste dont la partition parue autour de
1900 indique qu’il l’a chanté au Grand Concert Parisien, «Le mendiant du pont neuf» au Parisiana, d’après le numéro 343 de l’hebdomadaire «Les chansons et monologues illustrés».
Charles Reschal a été l’un des artistes de cabaret caricaturé par Candido de Faria vers la fin du XIXème siècle,
entre 1895 et 1900, comme d’autres et notamment Polaire et Yvette Guilbert en «diseuse de fin de siècle». Candido de Faria, 1849-1911, a été affichiste chez Pathé.
Dans le catalogue Lioret de 1899, on cite,
«Du RÉPERTOIRE Reschal», et donc pas nécessairement de lui, les
titres suivants :
No. - Titre
1156 Qui veut des plumes de paon
1157 La Môme aux grands yeux
1158
Dams les sentiers [remplis] (Belhiatus, Del Poncin)
1159 Les Enseignes
1160 La Valse de la mariée
1161
Stances printannières
1162 Tirelonlaie la cantinière
1163 Ah ! quelle poire]
Existent divers «petits formats» où il
est indiqué que les chansons suivantes ont été créées par Reschal
Adieu la Môme (Disle, Duvreux, Spencer)
Tiariflette (Garnier, Duhem)
La vie
de famille (Belhatius, Chaudoir)
Ma Môme (Mortreuil, Esse et Gangloff)
Les (Sous) Étrangers – Delphi.
De la lecture de divers journaux, il ressort que Reschal est passé :
En vedette à la Cigale en 1887
Après 1892 à Gaîté-Rochechouart
Avant 1893 aux Folies-Belleville
Aux Folies-Parisiennes (après 1900)
Idem aux Ambassadeurs (1902)
Avant
1903 à L'Alcazar d'été (j'ai retrouvé 1895 et 1896)
Son portrait figure sur la couverture du numéro 172 de Paris qui chante paru le 6mai 1906.
Vers 1896, Reschal devient Charles Reschal, l’ajout du prénom permet ainsi de le différencier d’un autre Reschal,
Antonin, (1) littérateur à cette époque qui a publié en 1894 une plaquette intitulée : l’art de rendre les femmes fidèles. Ce texte pourrait avoir été déclamé sur scène par Charles.
Il
joua au théâtre, notamment au Théâtre du Palais Royal, quelques vaudevilles avant et après la Grande Guerre.
Il faut
noter «La Dame du 23» de Paul Gavault et Albert Bougain, «Le contrôleur des wagons-lits» d’Alexandre Bisson et «La revanche d’Eve» d’Antony Mars et Alphonse de Beil, dont les programmes sont
conservés à la BNF.
La petite illustration dédiée au théâtre rappelle qu’il a joué dans «Mon bébé» de Maurice Hennequin aux Bouffes
Parisiens, numéro 72 du 18 juillet 1914 et dans «La passante» de H. Kistemaeckers au théâtre de Paris, numéro 70 du 29 octobre 1921.
Jane Avril, une étoile du Moulin Rouge, se souvient de lui comme acteur attaché au Moulin-Rouge.
L’édition de ses mémoires chez Phébus en 2005 permet de découvrir qu’il était à l’affiche de deux spectacles produits dans cet établissement :
«Tu marches ?», une revue en deux actes et dix tableaux d’Adrien Vély et Charles Clairville, la création est du 5 mars 1903.
«La belle de New-York», une opérette en deux actes et quatre tableaux de Hugh Morton, créée le 29 mai 1903. Charles y joue le rôle de
Ichabod Bronson.
Ci-dessous la photographie de Charles prise en 1916 alors qu’il tient le rôle de Sir Samuel Bridgman dans la pièce Moune, un flirt en trois actes, de Albert Willemetz, jouée au théâtre des Variétés.
