Six cent vingt-neuf sites
internet trouvés dernièrement sur Yvonne Wigniolle-Dupé dite Yvonne Printemps.
Peu de renseignements nouveaux. Un jour, peut-être, quelqu'un écrira sa
biographie (voir à la fin) en n'ayant pas peur de non seulement mentionner
mais d'insister sur son sale caractère, ses frasques
de diva, les souffrances qu'elle eut le malin plaisir à faire endurer à son
deuxième mari, Pierre Fresnay. Peut-être y parlera-t-on également des
célèbres et pénibles procédures de divorce qu'elle intenta vis-à-vis du premier, Sacha
Guitry. En attendant, vaut mieux résumer sa vie en quelques lignes.
Sacha Guitry et Yvonne printemps
Yvonne Printemps
collection Jacques Gana
Yvonne Printemps
Elle est née à Ermont dans le
Val-d'Oise le 25 juillet 1894. Le père n'est pas toujours à la maison et c'est
sa mère qui l'élève, elle et ses deux sœurs, en faisant des travaux de couture.
Elle monte sur scène pour la première fois à dix ans dans une pièce d'amateur.
Dans sa ville natale. Paul-Louis Flers la remarque et la fait débuter à la
Cigale, à 14 ans, dans une revue au titre évocateur, «Nue Cocotte» dans
le rôle d'un Petit Chaperon Rouge un brin fripon.
À quinze ans, elle fait partie
de la troupe des Folies Bergère où elle reste quatre années. À dix-huit ans,
elle est
de la distribution de «Ah ! les beaux nichons» dans laquelle
Maurice Chevalier est la vedette. Un an plus tard,
elle passe du côté de l'opérette. André Messager la remarque de même
que Sacha Guitry qui, à partir de 1917 se met à écrire pour elle
(et pour lui) des comédies musicales, des pièces de théâtre, des revues. Il
l'épouse en 1919. Le mariage durera 12 ans.
En 1931, Guitry la fait jouer
dans «Franz Hals» avec, pour partenaire, Pierre Fresnay.
L'année suivante, les deux
seront devenus inséparables. Au théâtre comme à la ville.
En 1934, ils débutent une série
de tournées qui les mèneront en Angleterre et aux États-unis, créant, entre
autres, «Conversation Piece» de Noël Coward et «O Mistress
Mine» de Cole Porter.
La même année, ils jouent dans
un premier film, «La Dame aux camélias» de Fernand Rivers et Abel
Gance. Ils en tourneront huit dont «Les Trois valses» de Ludwig
Berger - sur des musiques d'Oscar Strauss (1938) et «Valse de Paris» de
Marcel Achard, une biographie romancée de Jacques Offenbach (en 1949).
Pierre Fresnay et Yvonne Printemps
Elle chantera, jouera ainsi,
jusqu'à la fin des années cinquante tout en étant la directrice du Théâtre de
la Michodière.
Fresnay meurt en 1975.
Elle le
suit deux ans plus tard et s'éteint le 18 janvier 1977, âgée de 82 ans.
Chansons
:
Musicalement analphabète,
Yvonne Printemps chantait ce qu'on lui faisait entendre. Des cours de chants
lui ont permis de gagner des aigus, de corriger quelques défauts mais tout au
long de sa vie, elle a chanté comme on respire, naturellement.
On a beaucoup parlé de cette
voix irréelle, éthérée au legato inimitable, de cette «voix de rossignol»
faite de battements d'éventails et de regards troublants.
Elle est effectivement unique
et il est malheureux qu'elle se soit consacrée presque exclusivement à
l'opérette.
On l'écoutera dans un passage
de Debureau de Sacha Guitry et dans une chanson tirée du film de Berger :
Air et scène
du premier acte de Debureau (avec Sacha Guitry) (Sacha Guitry -
André Messager) - Pathé - Saphir 606 (1923)
Je t'aime
- du film «Les trois valses» de Ludwig Berger (Oscar Strauss / L. Marchand - Albert
Willemetz) - La Voix de son Maître - DA 4908 (1938)
collection Jacques Gana
Biographies :
Il s'en est
publié deux :
Chez
Perrin, sous le sous-titre de «Le doux parfum du péché»
- Claude Dufresne, 1988
Chez Robert
Laffont, sous le sous-titre de «L'heure bleue» -
Karine Ciupa, 1989