Cette page, nous la devons en grande partie
à Monsieur Michel Montagut, qui vit présentement à Viña del Mar au Chili,
petit-neveu de cet interprète des années vingt, trente et quarante. -
Monsieur Montagut nous en effet communiqué la plupart des renseignements
biographies qui s'y trouvent en plus de la photo ci-dessus et celle,
ci-dessous, du petit format de «La sérénade de la
purée» - Qu'il en soit ici remercié.
D'abord, il s'appelait Perchicot. - Pour le
vrai. - André Perchicot plus précisément. - Et il est né à Bayonne le 9 août
1888, ce qui n'en fait pas précisément un Marseillais même sil a eu une
longue période «provençale» au cours de sa deuxième ou troisième
carrière..
Il est ingénieur.
Il est aussi cycliste. - Sur piste. - Il fut même champion de France de vitesse
en 1912. - La même année, il participe à la première course cycliste en
Amérique. - À Newark. - Il arrive troisième, derrière Kramer et Grenda. -
L'année suivante, il est à Leipzig où il arrive encore troisième, mais au
Championnat du Monde de vitesse cette fois-là, derrière Ritt et Ellegard.
En '14, il est pilote. Son avion est abattu en 1916. Hospitalisé (blessures aux
jambes, au dos, au bassin), il retrouve peu à peu la santé mais comprend
qu'il ne fera plus jamais parti du monde du cyclisme. Alors il se lance dans
la chanson. D'abord pour remonter le morale des troupes (en milieux
hospitaliers) tout en organisant des réunions cyclistes au bénéfice de la
Croix Rouge.
À la fin de la guerre, il décide de poursuivre cette nouvelle carrière où, en
partie grâce à sa réputation de grand cycliste, il devient petit à petit une
vedette de la chanson.
On l'enregistre, chez Pathé (surtout) :
1921 C'est pas possible - Chanson vécue
(Pierre Codini)
1921 Demain - Chanson de salon (Ch. de
Bucovich)
1921 Grande Rouquine, La - Chanson réaliste
(Maurice Gracey)
1923 Ça fait bien - Chansonnette comique
(Gaston Gabaroche)
1923 Dans la rue - Chanson vécue (R.
Desmoulins / Jean Rodor, Dommel)
1923 Je gob' les femmes - Chanson comique
(Laurent Bertin / Pauley, Julsam)
1923 P'tit's femmes qui passent, Les -
Chansonnette (Gaston Gabaroche)
1923 Quel bonheur! Quelle joie!! -
Chansonnette comique (Desmoulins)
1924 Ça n'existe pas (Charles Jardin)
1924 Môme Nana, Laou: De la Bastille à la
République (Albert Valsien)
1924 Rosière, La (R. Desmoulins)
1924 Sors d'ici! (R. Desmoulins)
1925 On marie Antoinette (Pierre Chagnon /
Amelet)
1926 Femm's que j'aime, Les (Louis Izoird,
Raiter / Vincent Telly)
1926 Merci ! (Laurent Halet / Jean Rodor)
1927 Elle avait une robe à carreaux -
Chansonnette (Roger Dufas / Plébus, Danerty)
1927 Fille à l'Estama, La - Une fantaisie
franco-italienne (François Tamburini / Jo Berard)
... il continuera
comme ça jusqu'à la fin des années trente, enregistrant quelque 200 succès
parmi lesquels on retrouve le célèbre «Quand on aime on a toujours vingt
ans» (en 1923), la «Scotish espagnole» de Vincent Scotto et, naturellement, son incontournable «Sérénade de la purée» (1929).
La voix est plaisante, posée, la diction est
excellente. Son style varie beaucoup. Il se veut Mayol ou peut-être même Maurice Chevalier mais il n'hésite pas à mettre à son répertoire des chansons qu'aurait
signées Georgius dont il
reprend, non sans en donner une version personnelle, en 1928 «La noce à
Rebecca».
On le filme :
«Anny Music Hall» de Carl Lamac
(en 1930)
«Pomme d'amour» de Jean Dréville (en 1932)
...
En 1933, il tourne un des tout
premiers clips («À la Varenne») sous la direction de Jean
Dréville :
A LA VARENNE, de Jean Dréville, variétés 1933
noir et blanc 7min
Référence : VDP2261
Le chanteur Perchicot enregistre la chanson "A la Varenne" dans un
studio, puis est filmé à la campagne au bord de l'eau. Des images de
guinguettes et d'amoureux enlacés sur l'herbe ou faisant du canot illustrent
cette java, qui évoque les dimanches passés par les parisiens sur les bords
de la Marne.
Titre : A LA VARENNE, JAVA CHANTEE
Réalisation :Jean DREVILLE
Co-auteurs : Robert PAUL
Paroles : Marc ELIE
Musique :J. JEKYLL
Production : Jean Dréville, 1933
Support d'origine : film 35mm sonore 7min : noir et blanc
Mais il se s'arrête pas là :
Tout au long des années trente, il effectue des
tournées en Europe, en Afrique, au Moyen Orient... Ce sont «Les
tournée Perchicot» qui entraîneront dans leur suite plus de
cinquante personnes : accessoiristes, chanteurs, choristes, etc.
A-t-il du succès ? - Faut le croire car, à cette époque, il possède deux
yachts, le «Père» et le «Chicot» (sic), deux villas jumelées à
Bry-sur-Marne, un appartement rue des Ternes à Paris et jusqu'à sept
voitures. Et puis, naturellement, une compagnie d'autobus à Bayonne.
À la fin des années trente, suite à un voyage en Afrique, il tombe gravement
malade. Il est hospitalisé longuement et doit peu à peu renoncer à ses
nombreuses activités.
S'étant assuré de revenus suffisants, il se retire près de ses sœurs, à
Bayonne, où il finira sa vie le 3 mai 1950. Il est physiquement affaibli,
prématurément vieilli à cause de sa dernière maladie mais peut-être aussi à
cause des nombreuses vies qu'il aura vécues.
De ses derniers jours, on garde de lui le portrait d'un homme d'une grande
élégance et d'un magnétisme peu commun.
Dépliant (Pathé) : Perchicot est au troisième rang à droite, deuxième ligne
Petits formats :
(Collection Michel Montagut)
Enregistrement :
On écoutera de lui, deux titres :
Un premier, créé en 1922, où l'on verra que Georgius n'était pas très loin :
Je ne suis pas celle que vous croyez - version 1925 - Pathé 4260
Le deuxième ne doit rien à personne, sauf à
Perchicot lui-même. - Il s'agit de sa célèbre :
Sérénade de la purée (Georges
Villard) - version 1929 - Pathé 4383
Un troisième titre (En revenant de la revue,
cette scie rendu populaire par Paulus) pourra être entendu en notre page sur
la Chanson française du Temps des cerises aux Feuilles mortes, au numéro 5.
Perchicot, cycliste :
Pour de plus amples renseignements sur
Perchicot, cycliste, consultez la page suivante :