Question : est-ce que la voix de Paulus a été enregistrée ?
De son rival, Ouvrard (père), il existerait quatre enregistrements. - On en
retrouvera un en la page que nous lui avons consacrée. - Quant à Paulus, il n'y
a aucune raison pour supposer qu'il se soit complètement désintéressé du
domaine du disque (cylindre) même si sa carrière se terminait au moment ou ce
domaine prenait son essor mais les collectionneurs, spécialistes de l'époque,
les amateurs ont beau fouillé dans les catalogues des manufacturiers les plus
obscurs, pas une seule référence à un enregistrement effectué par Paulus
lui-même.
Le cas Lioret
Cette
compagnie distribua, entre 1895 et 1901, des douzaines de cylindres portant
la simple mention «procédé Liorétographe».
On peut se
procurer des repiquages d'une bonne partie de ces précieux cylindres en
communiquant avec le discographe Christian Zwarg de
Stutensee (Allemagne)
qui en a publié deux albums (CD). Son adresse est la suivante :
Les spécialistes ne s'accordent pas sur
l'authenticité de ces enregistrements spécifiques qui ressemblent à des
centaines d'autres de l'époque et son éditeur,
Christian Zwarg fait bien attention de souligner dans les notes qui
accompagnent cet album qu'il ne s'agit probablement pas d'enregistrements du
célèbre chanteur.
Qu'à cela
ne tienne : s'ils ne sont pas de Paulus, ces enregistrements sont du Répertoire Paulus et on peut à tout le moins considérer que les
interprètes se sont au moins appliqués à l'imiter.
De ces enregistrements, nous donnons ici -
avec la permission de
Christian Zwarg -
trois exemples qui devraient permettre à nos lecteurs de se faire une idée
de ce que pouvait être Paulus à une certaine époque.
D'abord
deux extraits où l'on pourra constater qu'il s'agit bien de deux chanteurs
différents. Pour notre part, d'après les descriptions de l'époque, la
deuxième se rapprocherait beaucoup plus du style Paulus
Derrière
la musique militaire (Chaudoir) - version 01
Derrière
la musique militaire (Chaudoir) - version 02
Vient
ensuite une chanson qui a peut-être été chantée par Paulus et
qui fait étrangement penser à Constantin le rieur :
Le rieur -
chansonnette monologue de Chaudoir
Une
curiosité à comparer avec, justement, la Rigolomanie de Constantin
le Rieur et cet autre
enregistrement, curieux lui aussi, d'un certain Dutreux (de l'Eden), mis à
notre disposition par Monsieur Jean-Yves Patte.
La
Rigolomaniepar Constantin le Rieur
Le Rieur par Dutreux de
l'Eden
Disque Favorite - no.1-7017
enregistré en 1906
Le cas Homophone :
Nous sommes
au lendemain de la soirée organisée à l'intention de Paulus au Théâtre de la
Gaîté, le dix-neuf décembre 1906. - Paulus à qui on a demandé, ce soir-là,
de chanter au moins une chanson, se présente au studio de la filiale
française Homophone de la compagnie allemande Homocord et, contre toute
attente, enregistre la seule et unique cire de sa longue carrière. - Numéro
de catalogue 8403 (c'est pour dire comme cela est précis) - Titre : Chapeau rose et fin mollet - Compositeur : Lucien Colin, son grand
ami - Paroliers : Van der Kamp, Disorbers et Wilhelm.
De ce
légendaire enregistrement, nous désespérions, un jour, retrouver la trace,
mais voilà que nous recevions - il y a quelque temps - un message de
Monsieur Roger-Paul
Dupuis de Montmorillon [Vienne], formateur en bureautique et en
informatique, collectionneur de vieux enregistrements qui nous demandait si
nous étions intéressé à en avoir une copie en format MP3.
Le temps
d'ouvrir une bonne bouteille pour célébrer le tout, le temps d'échanger
quelques messages avec Monsieur Dupuis, le temps de lui demander la
permission de mettre cette merveille en ondes (pour le bénéfice de nos
lecteurs), voici, cette seule et unique cire qu'on dit gravée par
Paulus alors âgé de 61 ans.
Chapeau
rose et fin mollet,chanté par Paulus en 1906
Inutile de préciser naturellement qu'il s'agit là d'un canular[*] : Paulus
n'ayant, malheureusement, pas enregistré quoi que ce soit...
Dommage.
[*] Nous avons reçu, depuis le message de Monsieur Dupuis, divers messages des
«organisateurs» de ce canular qui, preuves à l'appui, nous ont démontré de
quelles façons ils s'étaient pris pour l'insérer dans le cadre d'une très
sérieuse émission radiophonique, le tout sous le couvert de l'anonymat. Ces
messages se terminaient par une question : «Qui, si ce n'est Paulus, serait
l'interprète à l'origine de cet enregistrement ?» Et voilà qu'eux-mêmes ne
le savaient pas...