2008-03-28
Jules et Ernest Pacra |
Jules Pacra
Jules,
le père, né en 1822 fut un artiste dramatique et lyrique et «fin
diseur» qui a chanté sur la plupart des grandes scènes
parisiennes et en province. - Il fut également le fondateur
de la première mutuelle des artistes lyriques. - Il est décédé en
1917.
Son fils, Ernest, chanteur comme lui,
fonda la chaîne de concerts portant son nom.
Voir (autres
renseignements) : Paulus, Mémoires,
chap. 9.
Notices
biographiques sur Jules Pacra
(Marie-Ange Rauch)
Né dans une famille
modeste, le 26 mars 1833, au no. 4 du Marché Ste-Catherine à
Paris, Jules Pacra est mis en apprentissage chez un sculpteur. A 13 ans, au
moment des événements de 1848, il doit trouver un nouvel emploi
et se fait engager comme courtier au National. Aucun document ne
permet de mesurer l’influence politique que ce journal a pu
avoir sur ce jeune homme de 16 ans, en revanche, ses soirées lui
permettant de fréquenter le théâtre assidûment, Jules Pacra se
passionne pour les grimages. Son premier rôle aurait été un
portier de 70 ans dans le Docteur Chiendent au théâtre
Montmartre. Il a alors 18 ans. 6 mois plus tard, il part pour
Grenoble en qualité de jeune comique, on le surnomme «petit chéri».
Son frère le remplace sous les drapeaux, il peut donc continuer
à sillonner la province, réussit assez bien à Grenoble, revient
à Paris. Il obtient un engagement au théâtre Beaumarchais le 1er
septembre 1854 : il joue Sidoine, dans Le Paradis perdu, rôle
qui lui vaut d’être remarqué par la presse.
Marié le 16 septembre
1856, Jules Pacra deviendra père de sept garçons et deux filles.
Il part présenter ses chansons à Lyon en septembre 1857. On le
retrouve au Havre en 1863 à Marseille en 1865, en 1866 il est à
l’Alcazar de Paris, au Casino de Bruxelles… au Café de France. A
Paris, Il passe au théâtre de la Gaieté, puis à l’Ambigu, où il
reste deux ans, revient au théâtre Beaumarchais il joue Pierre,
le couvreur pendant un mois en 1867, puis débute comme
fantaisiste au Concert du Géant, boulevard du Temple. Il restera
dix huit mois dans cet établissement très populaire où les
ouvriers, les employés et petits bourgeois peuvent entrer pour
60 centimes, consommations comprises.
Le talent de «diseur»
de Jules Pacra lui vaut de signer un contrat avec Lorge, le
directeur de L’Eldorado le 16 septembre 1867. Le nombre des
créations qu’a faites Jules Pacra à L’Eldorado est considérable.
Parmi les chansonnettes, retenons :
Pacra écrit aussi de
petites scènes :
Deux chanteurs
sans place,
Suzon,
Entre deux
vins,
La toquade du
Pacha,
Un drame au 5
ème étage,
Jobin et
Nanette,
Le diable
rouge,
Le grand papa
de la chanson, la Tarentule,
La Gamine…
A propos de Jules Pacra,
Paulus écrira : «il est
applaudi chaque soir pour sa diction impeccable et son jeu sobre
et naturel [...] Il excellait dans la chansonnette
distinguée [...] Bon camarade, il prouvera par la suite
qu’il a un cœur excellent.»
Le 18 mars 1871, la
Commune est proclamée, la plupart des théâtres sont fermés, tous
les concerts sont annulés. Avec son camarade
Jules Perrin,
également chanteur à l’Eldorado, Jules Pacra, connu pour ses
chansons sur les ouvriers, rejoint les communards tels Eugène
Potier, auteur de La semaine sanglante et de
l’Internationale,
ou Jean Baptiste Clément, auteur du Temps des Cerises. A
L’Alcazar, les 16 et 18 avril 1871, se réussissent sous la
présidence du chanteur-ouvrier-typographe, Jules Pacra, des
acteurs, des musiciens, des compositeurs, des auteurs, des
artistes lyriques et dramatiques se réunissent et constituent
une première Fédération artistique.
Le mardi 14 décembre 1880, quelques artistes de café concert,
reprenant un projet mis en œuvre par Jules Perrin en 1865,
conviennent de former une société de secours des artistes
lyriques pour les artistes de café-concert et forment une
première commission :
Président : Jules
Pacra, Rapporteur : Aumont Secrétaire : Charles Mey, Assesseurs : Henri Minn et
Aristide Bruant.
Le 18 janvier 1881,
«L’Association de
Prévoyance des artistes lyriques, à Paris»
est créée. Ses statuts qui sont approuvés par la Préfecture de
police le 22 septembre suivant.
L’association se fixe
pour objectif d’assister les adhérents en cas de maladie par le
versement d’une indemnité, par le paiement de soins médicaux et
des médicaments, la prise en charge des funérailles. Le 10
février 1890, l’Assemblée générale décide que la Société prendra
le titre et le caractère régulier de Société de Secours Mutuels.
« L’Association de Prévoyance des artistes lyriques, à Paris »,
devient La société de Secours mutuels des artistes lyriques.
Au cours de l’Assemblée
générale du 30 avril 1900, Jules Pacra, président fondateur
annonce qu’il vient de cesser toute activité professionnelle et
qu’il quittera ses fonctions de président dans un an. Jules
Pacra part avec le sentiment du devoir accompli, 19 ans après
avoir posé la première pierre de la mutuelle, il peut annoncer
le versement des premières pensions de retraite en faveur des
artistes ayant cotisé pendant 20 ans et âgés de plus de 60 ans.
Il meurt le 7 avril 1917 à St Mandé.
Sources :
Audrey-Deshorties
(Eugène), Les cafés-Concerts en 1866. Paris. Ed C. Egrot, 1866.
Condemi Concetta, Les cafés-concerts, histoire d’un
divertissement 1849-1914, Ed. Quai Voltaire / Edima, Paris 1992
Eloi Ouvrard, Ouvrard (père), Elle est toute nue ! La Vérité sur
les coulisses, Paris Imprimeries Busson, 1929 Paulus, Trente ans de Café-Concert, Souvenir recueillis par
Octave Pradel. Paris, Société d’Edition et de Publication. 1908. -
Voir ci-joint.
Menetière Albéric, Les étoiles du café-concert, Ed Jules Lemer,
Paris 1870 LE Phare artistique, Bulletin officiel et mensuel de la Société
de secours mutuels des artistes lyriques (BNF) Archives de la Mutuelle des Artistes et Professionnels du
Spectacle (MAPS).
|
| |