Paulus : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Aristide Bruant : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Yvette Guilbert : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Polin : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Dranem : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Mayol : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Mistinguett : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Maurice Chevalier : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Marie Dubas : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Tino Rossi : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Yves Montand : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Accès à la page principale du site de l'université de Napierville Accès à la page d'accueil du site Du Temps des cerises aux Feuilles mortes

2008-05-19

Marianne Oswald


Si, dans les brocantes, vous mettez la main un jour sur un 78t de Marianne Oswald, achetez. D'abord parce qu'ils ont très rares (on en a recensé 14 entre 1932 et 1937) et ce 78t vous permettra de connaître une interprète tout à fait hors de l'ordinaire. - Existe également un double 45t, aujourd'hui introuvable, datant de 1957, et qui, de surcroît vous permettra de lire le seul texte, à notre connaissance, écrit pour une pochette de disque, par Albert Camus.

On dit qu'elle n'avait pas de voix. C'est vrai. Qu'elle avait un accent mi-patois-lorrain, mi-allemand, à couper au couteau. C'est également vrai. D'autres ont ajouté qu'elle n'était pas belle, qu'elle était maigre, qu'elle avait des genoux en forme de nœuds. C'est ce que nous renvoient les photos qui nous sont parvenues.

Ajoutons à cela qu'elle a beaucoup chanté la misère, les amours déçues, le désespoir, la vie triste, la mort et même le suicide.

Ces tours de chant n'étaient pas gais. On lit souvent qu'ils étaient déprimant. Qui, en 1938, l'a insérée en première partie de celui de Charles Trenet (à l'A.B.C.) n'avait évidemment pas compris le répertoire de la dame...

Aimée des uns, détestée des autres, on la qualifia tour à tour de salle juive, de bolchéviste, de pro-allemande...

Sa biographie ? Elle l'a intitulée, en français, «Je n'ai pas appris à vivre»...


Elle est née en janvier 1901 à Sarreguemines (Lorraine), alors ville allemande, fille d'un couple de juifs polonais exilés. À seize ans, elle est mise en pension, orpheline, à Munich pour se retrouver «après s'être fait trancher la gorge» (goitre thyroïdien) à Berlin où elle monte sur les planches, décidée à devenir chanteuse. En 1931, elle est est à Paris où elle chante Kurt Weill et Bertolt Brecht (Opéra de Quat' sous) en se faisant remercier partout où elle passait.

Elle finit quand même par percer grâce, entre autres, à Jean Cocteau, Jean Tranchant, Jacques Prévert et Henri-Georges Clouzot qui, charmés par son parlé-chanté et sa voix qui semble sortir d'outre-tombe, lui confient de très beaux textes qu'elle dit, plutôt qu'elle ne les chante, accompagnée des orchestres de Wal Berg ou de Pierre Chagnon ou tout simplement au piano.

Jusqu'en 1939, on peut l'entendre au Bœuf sur le Toit, à l'Alcazar, à Bobino, à l'Européen, aux Deux Ânes, rarement en vedette mais partout ou elle chante elle ne passe pas inaperçue.

En 1939, elle s'exile aux États-Unis où elle restera sept ans se produisant à la radio ou dans différents cabarets où, ayant lu ses souvenirs, publiés en anglais sous le titre de One Small Voice, Albert Camus la redécouvre et la ramène à Paris où elle fait l'objet d'une série d'émissions à la radio, présentées par Cocteau, Camus, Seghers, Ribemont-Dessaignes et Gaston Bonheur, sous le titre de Le retour de Marianne Oswald où elle chante et récite des textes d'Apollinaire, d'Éluard, de Prévert et de Jean Nohain mais son style commence à être dépassé.

Elle s'essaie au cinéma : Les amants de Vérone, Le guérisseur, Notre-Dame de Paris (version Jean Delannoy - 1956), Les Amants de Montparnasse... puis se tourne vers la télévision où elle produit des émissions pour enfants, intervenant à l'occasion à la radio.

Marianne Oswald est décédé à Limeil-Brévannes dans le Val-de-Marne en 1985.



Opinions

 

 

"Elle chante des chansons réalistes, cependant elle dépasse le réalisme, elle ne fait pas semblant, elle transpose, elle taraude l'âme humaine, elle dessine au burin."

Louis Léon Martin, Petit Parisien, 10 décembre 1933.

 

 

"Si nous voulons comprendre Marianne Oswald, expliquer son contact avec une foule et son prestige, il importe de nous demander quel serait son cadre par excellence et la place où elle s'inscrirait, où elle "s'enfoncerait" d'elle-même comme un fragment de puzzle dans sa place vide. Fermez les yeux. Cherchez. La place type de Marianne Oswald est une barricade. C'est là que cette petite personne prendrait toute sa signification. Oui, à cette minute où la lanterne rouge des rues barrées change un simple barrage en barricade, met le feu à un bûcher dont l'incendie serait des hommes et des femmes qui flambent du même amour. Alors la tignasse rouge d'Oswald deviendrait le bonnet de la révolte et sa poignante voix juive le signal de la douleur.

«Je suppose que c'est cette puissance rouge d'incendie, de mégot, de torche, de phare, de fanal, qui l'habite, cet acharnement de braise, cette haleur de gaz d'acétylène, de magnésium et de lampe à souder, qui forment l'efficacité de cette chanteuse, de cette mime que bien des esprits repoussent, mais qui s'impose malgré tout.
"

 

Jean Cocteau - Mes Montres sacrés - Encre 1979



Enregistrements

Existerait, de Marianne Oswald, un film tournée en Belgique en 1958 où elle chanterait, sous la direction d'Harry Kümel, Anna la bonne (texte de Jean Cocteau), produit par François Truffaut pour être télédiffusé mais nous n'en avons pas retrouvé de traces.

Quant à sa production sur disque, remercions la compagnie EPM qui a remis en marché, en 1992, sous la forme d'un CD (no. 982272) la presque totalité de ses prestations. y compris les deux premiers enregistrements qu'elle a gravés chez Salabert en 1932 avant de passer chez Columbia mais pas les quatre titres parus en 1957 chez Philips (45t).

De ce CD (car nous n'avons pas encore eu accès à des originaux), nous vous proposons d'écouter un extrait d'une chanson d'A. Mauprey, musique de R. de Mackiels, enregistrée en juin 1932 et qui donne une idée de sa voix et de sa manière de parler-chanter :

Pour m'avoir dit je t'aime - Édition Salabert 958-B - Au piano : probablement Henri Monferid.

(Hé oui : le type se fait guillotiner à la fin... pour lui avoir dit je t'aime.)

Parmi les autres titres :

Le chant des canons (Weill/Brecht)
Le jeu de massacre (Couzot/Yvain)
Anna la bonne. Mes sœurs n'aimez pas les marins et La dame de Monte Carlo (Cocteau)
Chasse à l'enfant, La grasse matinée et Les bruits de la nuit (Kosma/Prévert)
...

 

Wassor Sinoël Vilbert Mayol : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Myriam Polin : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Mistinguett : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Yvette Guilbert : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Victor Lejal : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Dranem : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Clovis : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Henri Dickson : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Gaston Dona : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Ermax Fagette Maader Paulette Darty Madiah Baldy Paula Brébion Moricey Audrey Suzanne Ellen Cosnard Francine Lorée Solange d'Estées Strit Derminy Marius U Dianette Lili Charton Bordes Blanche de l'Hespel Honoré Yvonne Yma Bérard : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Anna Judic : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Lise Fleuron : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Anna Thibaud : Cliquez ici pour voir sa fiche biographique Cliquez ici pour retourner à l'index des fiches biographiques Cliquez ici pour retourner à la page d'Accueil Cliquez ici pour retourner à la page MENU IMPORTANT ! Merci de lire ceci avant de nous écrire IMPORTANT ! Soyez attentif aux Copyrights Cliquez ici pour voir l'INDEX ou Plan du site Pour effectuer une recherche dans le site, cliquez ici... Boot Paule Morly Angèle Moreau Villé Lucy Nanon Cliquez ici pour retourner à l'index des enregistrements Bluette

© 2008 - Paul Dubé / Jacques Marchioro - Illustrations, audio et vidéo © : leurs éditeurs et ayants droit respectifs (lorsque non du domaine public)