Interprète né à Paris en 1860, mort en 1929 et qui fut, en son temps, une grande vedette.
Moustache, belle
prestance, voix de baryton, il fut un des grands chanteurs de charme de son époque. -
Ses adieux, à l'Alcazar de Marseille, en 1928, furent, d'après les
chroniqueurs qui y assistèrent, mémorables.
Photo ci-dessus : Mercadier vers
1895.
On lui doit, entre autres, un
classique, créé par Paul Delmet (au cabaret du Chat Noir en 1890) :
Quand les lilas refleuriront (George
Auriol) enregistrement 1908
Pour les paroles de cette
chanson, cliquez ici
On pourra également entendre un
enregistrement - mis à notre disposition par
Jean-Yves Patte - de Mercadier datant
de 1898 chantant une chanson créée par Thérésa à l'Eldorado en 1888 :
Les enfants et les mères (Jules
Jouy et Henri Chateau) - Cylindre Pathé Pathé 1637
Et puis, toujours de notre ami
Jean-Yves Patte, ce texte de Robert Desnos paru dans le Journal, le 30
novembre 1928 :
«Le Phonographe, miroir des
mœurs»
Mais la merveille des
merveilles, c’est Mercadier. Il est, à ma connaissance, le seul chanteur
homme ayant chanté la chanson d’amour comme on doit la chanter.
Et quelles
chansons !
Quand les lilas refleuriront Parfumant l’air de leur haleine Combien d’amoureux s’en iront … Pour tant de baisers qui s’égrènent Que de blessures saigneront
Ou
Bonjour, Suzon, ma
fleur des bois ; Je reviens d’un
long voyage en Italie … Qui part trop tôt
revient trop tard.
Ou
Pourquoi briser
tant de cœurs à la légère Si
tôt ou tard on doit le regretter ?
Ou
Un jour je fis une
chanson, Une chanson pour
Marinette
Ou
Un poète m’a dit
qu’il était une étoile Une étoile
d’amour, une étoile d’ivresse Les amants les
maîtresses, Aiment la nuit,
aiment le jour…
Chansons qui, dans le domaine
sentimental, sont le digne pendant de l’admirable répertoire de
Dranem et de
Fortugé, plus fantaisiste, mais également poétique.
La voix de Mercadier est un
phénomène de sincérité et de sympathie. Nul cabotinage, nul trucage, nul
sacrifice de la diction à la musique. Est-il possible qu’une pareille voix
courre le risque de disparaître et soit confiée à de fragiles rouleaux ?
Mercadier, m’assure-t-on, est parfaitement capable de chanter encore et
d’enregistrer. Quelle maison éditera sur des disques à aiguille le
Répertoire Mercadier, chanté par Mercadier ?
Car, pour avoir connu les
applaudissements et l’admiration des hommes de son époque, Mercadier n’en a
pas moins été compris par ceux qui, de tous temps, préfèrent la gauloiserie,
l’esprit de fosse d’aisance et les refrains militaires à l’éternelle et
populaire expression poétique de l’amour.
Cette expression poétique, notre époque seule
est capable d’en être émue (…) »
Mercadier dans Paris qui chante (Collection Jean-Pierre Mercadier)
Dépliant (Pathé)
(Mercadier est à gauche, deuxième rangée)