2008-03-28
Mayol - Notes biographiques |

Félix Mayol est né 18 novembre 1872, au 1, rue
d'Isly, Faubourg du Pont du Las, à Toulon.
Sa mère, née Julie Pantin, est modiste. Son père, Félix-Antoine Mayol est
premier maître canonnier dans la Marine. - Elle est de la Côte d'azur, il
est d'origine bretonne. - Tous deux sont également chanteurs ou comédiens
amateurs, ce qui amène le petit Félix à faire ses débuts à six ans comme
figurant dans un mélodrame.
Après la mort de ses parents (Félix a treize ans), sa famille le place chez
un oncle qui ne veut rien entendre d'une carrière dite «artistique» et qui
en fait un apprenti chez un cuistot mais Mayol persiste et, après s'être
fait copieusement sifflé sous le nom du Petit Ludovic à
l'Alcazar de Marseille, il finit par être engagé pour un mois au Casino de
Toulon en 1892, non sans s'être promené de cafés-chantant en brasseries pendant deux ans, toute suite après son service militaire, interrompu par un accident qu'il décrit dans ses
mémoires.
En 1895 il «monte» à Paris où le «Père Dorfeuil», contre toutes
attentes, le fait débuter au Concert Parisien dès son arrivée. Il y est
engagé pour trois ans à 300 francs par mois pour la première année, 330
pour la deuxième et 360 pour la troisième. - Il y restera cinq ans. - C'est
là que débutera sa véritable carrière qui ne se terminera que... 43 ans
plus tard.
Le succès de La Paimpolaise, de
Théodore Botrel, en 1900, le fait connaître dans
toute la France mais à partir de Viens Poupoule (1902) la gloire est définitive et elle perdurera jusqu'à la fin des années vingt. - Dans les années trente, encore, son nom
suffisait à remplir les salles.
En 1907, ses cachets sont de mille francs or par représentation et, souvent,
il est tête d'affiche à deux endroits en même temps.
En 1910, il achète le Concert Parisien de ses débuts qu'il renomme «Concert
Mayol» où il fait «monter» de sa Provence Sardou (le père de l'autre), Raimu (oui, oui : le Raimu), Turcy... - Sa
générosité est sans bornes :
Au cours de la guerre 14-18, il s'occupe de
la vente d'emprunts, chante pour les troupes, s'occupe des refugiés...
Lettres de remerciement de Botrel,
du Foyer du blessé, du maire de Calais...
Il s'occupe de l'éducation de ses neveux,
paie un an de conservatoire au jeune Julien (Amand Maistre), du futur duo
Gilles et Julien, et fait même construire (en 1924) un stade de rugby pour
l'équipe de sa ville natale, le Rugby Club Toulonnais, qui y est toujours,
quatre-vingts ans plus tard, et qui a toujours pour emblème le muguet
du «Parrain Félix».
Voir à :
www.rctoulon.com
À partir de la fin des années vingt,
il se retire de plus en plus en son Clos Mayol, une propriété qu'il s'est
fait bâtir et qu'il continue à agrandir au Cap Brun, près de Toulon et où
il reçoit ses amis tout en continuant d'y donner des tours de chants. - Liane
de Pougy, Raimu, Chevalier,
Georgel, tous les amis viennent lui rendre visite. - Peut-être est-ce
dû à la façon somptueuse qu'il reçoit...
En 1931, «les rentes n'ayant pas tenu leur promesse», il
entame une série d'«adieux» qui se poursuivront en 1932 à l'Empire,
en 1934 à l'Alcazar de Paris...
En 1936, un incendie détruit une partie de ses collections. - Non pas le Clos
tout entier (car il s'agit de plusieurs immeubles) mais le Petit Théâtre où
Mayol a créé un musée de la chanson avec des affiches de l'époque,
des photos, des petits formats... le trop plein de sa résidence où
s'entassent la majorité de ses souvenirs.
En 1937, il est au
Forum à l'occasion de la sortie du film de Léo Joannon, Vous n'avez rien à
déclarer (où il donne, entre deux représentations, son tour de chant.)
En 1938, il est à l'ABC puis c'est la fin : une attaque de paralysie
l'empêche de continuer.
Quinze jours après avoir remonté sur les planches, pour les quelques amis
qui lui sont restés fidèles, en son petit théâtre du Clos qu'il a fait reconstruire, il s'éteint,
le 1er novembre 1941.
Seul, de toutes les vedettes de son époque,
Georgel a cru
bon d'assister à ses obsèques (selon les chroniqueurs de l'époque... mais c'est l'occupation...)
Exit le dernier grand-charmeur du café-concert.
Heureusement, créateur
de plus de cinq cents chansons, Mayol est toujours là. - Bon an, mal an, on pourra retrouver, et ce, depuis des années, chez son disquaire, un ou
deux CD de ses plus grands succès et tout éditeur d'Anthologie 1900 ne saurait mettre en marché une, deux, trois chansons «de Mayol» et,
dans un film, quand on voudra invoquer le «Vieux Paris» ou Paris tout simplement, l'accordéon qu'on entendra en arrière-plan jouera, neuf
fois sur dix, un air de Mayol.
. . . . .
«Longtemps, longtemps, après que les poètes sont
disparus, Leurs chansons tournent encore dans les rues...»
Charles Trenet
- L'âme des poètes - 1951

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