Mayol,
créateur de la Matchiche, en a fait cinq versions :
Une première, en 1905, chez Gramophone
et/ou Zonophone [*])
[*] Voir ci-joint pour la petite histoire de ces deux étiquettes.
Une deuxième, avec accompagnement de piano,
en 1906, chez Odéon Une troisième la même année, chez Odéon
également, mais avec accompagnement d'orchestre.Une quatrième la même année mais chez A.P.G.A.
Et une cinquième - électrique, celle-là -
chez Parlophone en 1932.
À partir de ces enregistrements (surtout ceux
chez Odéon et A.P.G.A) - et nous
soupçonnons pas toutes à partir des matrices -, plusieurs éditions ont été
mises en marché :
Au moins une en 1912, une autre en 1924
(chez Pathé) et au moins deux autres en 1934. (Et nous ne parlerons pas
de repiquages souvent trafiqués ou repris à la mauvaise vitesse depuis
cette date.)
Suivent les enregistrements de ces cinq
versions avec leur petite histoire (de collectionneur mais de
collectionneur-amateur, je m'empresse de le préciser) :
(Avec un gros remerciement à Jean-Cocart-Frédet dont, je crois, avoir bien suivi les
recommandations !)
Extraits
sonores :
De la première version, chez Gramophone en octobre 1905, nous n'avions pas encore retrouvé jusqu'à tout récemment et ce,
après plusieurs années de recherche, ni un original, ni une copie.Le 22 mai 2002, nous recevions un message de MonsieurJean-Yves Patte de la
firme Paléovox spécialisée en restauration de disques et d'enregistrements
anciens (http://www.paleovox.com/)
nous faisant part qu'il avait une copie de ce précieux enregistrement.Gracieusement, il l'a mis à notre disposition. La voici
quelque peu restaurée :
La Mattchiche, disque Gramophone 4-32170 ou Zonophone
X-82160, voix et orchestre
***
Des deux enregistrements suivants, faits la même année ou
au début de 1906 chez Odéon, l'un avec accompagnement de piano et l'autre
avec accompagnement d'orchestre, nous avions retracé sans trop de
difficultés le premier. - Raison ? - L'enregistrement avec piano se vendait,
initialement, à moitié prix de l'autre et a donc été pressée en plus grandes
quantités !
La Mattchiche, disque Odéon, numéro 36256 [*]
(étiquette brune) - piano et voix
La deuxième version (avec orchestre) a été plus difficile
à retrouver mais ce fut chose faite quelques mois après l'envoi de Monsieur Patte. La voici :
[*] Également distribuée sous le numéro 36256-2.
***
La version qui suit nous avait été indiquée au départ comme
étant «nouvelle» avec la mention «1924». Vérifications faites,
elle s'est avérée être une réédition sous étiquette Pathé (Ah ! ces Pathé !)
de la version A.P.G.A de 1906. - No. 1181.
***
Reste la version de 1932 chez Parlophone. - C'est celle
qu'on reproduit le plus souvent dans des «compilations» dite d'époque
même si certains distributeurs persistent à lui donner la date de 1905 ou,
fait encore plus cocasse, 1934.Il s'agit de la seule version «électrique» de cette
«Mattchiche» (par Mayol). Malheureusement, la voix de Mayol est, à ce
moment-là, sur son déclin mais son timbre est ce qui pourrait être le plus
près de ce qui a été sa véritable voix.
La Mattchiche, version de 1932, disque Parlophone,
numéro 22932
On remarquera que pour cette dernière version, les paroles
ont été complètement modifiées. Par Mayol lui-même, semble-t-il.
***
L'une à la suite de l'autre - et sans doute pour la
première fois en 70 ans, voici donc les cinq versions de "La Mattchiche"
telle que chantée sur une période de près de trente ans par Mayol :
Gramophone 4-32170 ou Zonophone X-82160 - voix et
orchestre - 1905
Odéon, numéro 36256 - piano et voix - 1906
Odéon, numéro 36256-A - avec orchestre - 1906
A.P.G.A. 1181 - 1906
Parlophone 22932
- 1932
***
À la rigueur, on pourrait ajouter deux autres
versions :Une version faisant partie d'un pot-pourri
enregistré par Mayol pour les besoins du film «Aux urnes citoyens» de
Jean Hémard (1932) et intitulée "Sauce mayollaise". - On trouvera une
version de cette «sauce», avec indications quant à sa provenance, en notre
page "Félix
Mayol - Enregistrements".Puis reste la version Pathé enregistré en
1906 pour un des nombreux phonoscènes tournés par Alice Guy. - On
sait comment ces phonoscènes étaient tournés : l'artiste enregistrait
d'abord sa voix sur un cylindre puis la mimait devant une caméra.
La version sonore qui accompagnait ce phonoscène est resté
hors-commerce.
***
Et, en terminant, une petite note :
On comparera les enregistrements qui
précèdent avec un autre qui date de 1917 et qui est d'une voix
plus «connue», celle de Maurice Chevalier,
pour constater le progrès effectué dans la fidélité des enregistrements
sonores de 1900 à 1927 mais surtout pour être en mesure de comprendre que la
voix de Mayol n'était pas tout à fait celle que les enregistrements
ci-dessus nous renvoient à l'exclusion, peut-être, de la version Parlophone,
cinq ans après 1927, date des premiers enregistrements dits «électriques». Maurice Chevalier dans "Oh ! Maurice !" en 1917, 19 ou 20