Et une cinquième - électrique, celle-là - chez Parlophone
en 1932.
À partir de ces enregistrements (surtout ceux chez Odéon et A.P.G.A) - et nous
soupçonnons pas toutes à partir des matrices -, plusieurs éditions ont été
mises en marché :
Au moins une en 1912, une autre en 1924 (chez Pathé) et au
moins deux autres en 1934. (Et nous ne parlerons pas de repiquages
souvent trafiqués ou repris à la mauvaise vitesse depuis cette date.)
Suivent les enregistrements de ces cinq versions avec leur petite histoire (de
collectionneur mais de collectionneur-amateur, je m'empresse de le
préciser) :
(Avec un gros remerciement à
Jean-Cocart-Frédet dont, je crois, avoir bien suivi les
recommandations !)
Extraits sonores :
De la première version, chez Gramophone en octobre 1905,
nous n'avions pas encore retrouvé jusqu'à tout récemment et ce, après
plusieurs années de recherche, ni un original, ni une copie.
Le 22 mai 2002, nous recevions un message de MonsieurJean-Yves Patte de la
firme Paléovox spécialisée en restauration de disques et d'enregistrements
anciens (http://www.paleovox.com/)
nous faisant part qu'il avait une copie de ce précieux enregistrement.
Gracieusement, il l'a mis à notre disposition. La voici quelque peu
restaurée :
La Mattchiche, disque Gramophone 4-32170 ou Zonophone X-82160, voix et orchestre
***
Des deux enregistrements suivants, faits la même année ou au début de
1906 chez Odéon, l'un avec accompagnement de piano et l'autre
avec accompagnement d'orchestre, nous avions retracé sans trop de
difficultés le premier. - Raison ? - L'enregistrement avec piano se vendait,
initialement, à moitié prix de l'autre et a donc été pressée en plus grandes
quantités !
La Mattchiche, disque Odéon, numéro 36256 (étiquette brune) - piano et voix
La deuxième version (avec orchestre) a été plus difficile à retrouver mais ce fut chose faite quelques mois après l'envoi de Monsieur
Patte. La voici :
[*] Également distribuée sous le numéro 36256-2.
***
La version qui suit nous avait été indiquée au départ comme étant «nouvelle»
avec la mention «1924». Vérifications faites, elle s'est avérée être
une réédition sous étiquette Pathé (Ah ! ces Pathé !) de la version A.P.G.A
de 1906. - No. 1181.
***
Reste la version de 1932 chez Parlophone. - C'est celle qu'on reproduit
le plus souvent dans des «compilations» dite d'époque même si
certains distributeurs persistent à lui donner la date de 1905 ou, fait
encore plus cocasse, 1934.
Il s'agit de la seule version «électrique» de cette «Mattchiche»
(par Mayol). Malheureusement, la voix de Mayol est, à ce moment-là, sur son
déclin mais son timbre est ce qui pourrait être le plus près de ce qui a été
sa véritable voix.
La Mattchiche, version de 1932, disque Parlophone, numéro 22932
On remarquera que pour cette dernière version, les paroles ont été
complètement modifiées. Par Mayol lui-même, semble-t-il.
***
L'une à la suite de l'autre - et sans doute pour la première fois en 70
ans, voici donc les cinq versions de «La Mattchiche» telle que chantée
sur une période de près de trente ans par Mayol :
Gramophone 4-32170 ou Zonophone X-82160 - voix et orchestre - 1905
Odéon, numéro 36256 - piano et voix- 1906
Odéon, numéro 36256-A - avec orchestre - 1906
A.P.G.A. 1181
- 1906
Parlophone 22932
- 1932
***
À la rigueur, on pourrait ajouter deux autres versions :
Une version faisant partie d'un pot-pourri enregistré par
Mayol pour les besoins du film «Aux urnes citoyens» de Jean Hémard
(1932)et intitulée «Sauce mayollaise». - On trouvera une version de
cette «sauce», avec indications quant à sa provenance, en notre page
"Félix
Mayol - Chansons".
Puis reste la version Pathé enregistré en 1906 pour un des
nombreux phonoscènes tournés par Alice Guy. - On sait comment ces
phonoscènes étaient tournés : l'artiste enregistrait d'abord sa voix sur un
cylindre puis la mimait devant une caméra.
La version sonore qui accompagnait ce phonoscène est resté hors-commerce.
***
Et, en terminant, une petite note :
On comparera les enregistrements qui précèdent avec un
autre qui date de 1917 et qui est d'une voix plus «connue»,
celle de
Maurice Chevalier,
pour constater le progrès effectué dans la fidélité des enregistrements
sonores de 1900 à 1927 mais surtout pour être en mesure de comprendre que la
voix de Mayol n'était pas tout à fait celle que les enregistrements
ci-dessus nous renvoient à l'exclusion, peut-être, de la version Parlophone,
cinq ans après 1927, date des premiers enregistrements dits «électriques».
Maurice Chevalier dans «Oh !
Maurice !» en 1917, 19 ou 20