2008-03-28
Cora Madou |

Interprète aujourd'hui presque
oubliée, Cora Madou aura pourtant marqué toute une époque.
Née Jeanne Odaglia, à
Marseille, en 1891, elle fut, jeune, remarqué par un certain
Vincent Scotto
dont elle devint la «compagne» jusqu'en 1937.
C'est vers 1910-1912 qu'elle
aurait fait ses débuts dans sa ville natale avant de monter vers Paris peu
après la guerre où on la retrouve brièvement au Bataclan mais c'est en 1919
que Nilson Fyscher, qui vient d'ouvrir son cabaret, la présenta véritablement
au public qui l'adopta aussitôt.
Louangée par la presse, elle
entame une carrière qui durera presque vingt ans sans que son étoile ne cesse
de briller. Cora Madou n'est pas
une interprète comme les autres. Jamais elle ne donnera de tours de chant dans
une grande salle : c'est dans les petits établissements qu'elle sera le plus à
l'aise, devant un piano, accompagnée tout au plus de deux ou trois musiciens
la plupart du temps par
Vincent Scotto lui-même à la guitare.
Son style tranche sur
celui de toutes les vedettes de l'époque : elle se veut en communication
directe avec ceux qui sont venus l'entendre et pour qui chacune de ses
chansons est une confidence.
Aimé du grand public,
Cora Madou fut également aimée par la haute bourgeoisie qui, alors, méprisait
systématiquement tous les artistes de music-hall et c'est dans cette haute
bourgeoisie qu'elle épousa, en 1938, peu après avoir quitté la scène, Guy La
Chambre, alors ministre de l'air, Guy La Chambre qui fut un des accusés au
procès de Riom et le grand responsable de la reconstruction de Saint-Malo
après la guerre.
Elle mourut à
Villefranche-sur-mer en 1971.

Enregistrements :
Entre 1926 et 1838,
elle gravera de nombreux titres, la plupart de
Scotto et c'est par ces
enregistrements qu'on réussi, aujourd'hui, à se faire une idée de ce que
pouvait être son tour de chant.
Ces mêmes
enregistrements étaient, jusqu'à tout récemment, introuvables. L'on
connaissait, bien sûr, son grand succès, Paradis du rêve
(Richepin et Fyscher) et quelques anthologies lui avaient consacré une
petite place : 52 Chansons de
Vincent Scotto chez Virgin (Parle-moi),
Chanson coloniales et exotiques (sic) chez EPM (Tchin Tchin Lou),
Marseille 1921-1951 chez Frémeaux (Sur le pont de Marseille)
et un album consacré à Scotto chez le même éditeur (J'ai rêvé d'une
fleur) mais, de son répertoire, il aura fallu attendre un CD consacré
entièrement à ses chansons pour en deviner l'étendu.
Ce CD intitulé tout
simplement Cora Madou (succès et raretés), on le retrouvera
dans la collection Chansophone au numéro 161. Vingt-trois titres dont le Paradis du rêve cité ci-dessus :
Adieu Venise
provencale (René Sarvil -
Vincent Scotto) - 1934
Après toi je
n'aurai plus d'amour (Koger -
Vincent Scotto) - 1935
Berce moi (Bertet,
Koger -
Vincent Scotto) - 1932
Comme autrefois
(Scotto - Carré)- 1930 (*)
Écoute ma
guitare (Bertet, Gitral -
Vincent Scotto) - 1935
Femmes et roses
(Scotto) - 1926
J'ai rêvé d'une
fleur (René Sarvil -
Vincent Scotto) - 1933
Je ne rêve que
de lui (Bertet, Gitral -
Vincent Scotto) - 1935
Laisse-moi
(Scotto, Bertet, Koger)- 1930 (*)
Ma rue
(Charles, Lenoir) - 1933
Moi, j'écoute
l'accordéon (Carco, Rieux -
Vincent Scotto) - 1933
On n'les trouve
plus (Scotto, Koger, Karol)- 1931
Paradis du rêve
(Richepin, Fyscher) - 1934
Passion (Scotto
- Bertet) - 1930 (*)
Plus beau tango
du monde, Le (René Sarvil -
Vincent Scotto) - 1935
Sans toi
(Vincent Scotto -
René Sarvil) - 1930 (*)
Sur le Yang Tse
(Lenoir -
Vincent Scotto) - 1932
Tango illusion
(Koger,
Vincent Scotto, Sellers) - 1935
Tchin Tchin Lou
(lenoir -
Vincent Scotto) - 1932
Tu m'fais rire
(Phyllo -
Vincent Scotto) - 1932
Tu me demandes
si je t'aime (Bertet -
Vincent Scotto) - 1927 (*)
Un mot, un
sourire, un regard (Vincent Scotto, Koger, Karol) - 1931
Vous avez
l'éclat de la rose (René Sarvil -
Vincent Scotto) - 1935
(*) Indique des
titres avec accompagnement à la guitare par
Vincent Scotto.
À se procurer pour
entendre sa version d'Adieu, Venise provençale mais surtout son
interprétation du Plus beau tango du monde qui, avec elle, devient ce que
cette chanson aurait toujours dû être : une véritable chanson d'amour...
mais votre webmestre reste partial à son J'ai rêvé d'une fleur.
Illustrations
musicales à suivre.
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