
Interprète aujourd'hui presque oubliée, Cora Madou
aura pourtant marqué toute une époque.
Née Jeanne Odaglia, à Marseille, en 1891, elle fut,
jeune, remarqué par un certain Vincent Scotto dont elle devint la «compagne» jusqu'en 1937.
C'est vers 1910-1912 qu'elle aurait fait ses débuts
dans sa ville natale avant de monter vers Paris peu après la guerre
où on la retrouve brièvement au Bataclan mais c'est en 1919 que Nilson Fyscher, qui vient d'ouvrir son cabaret, la présenta
véritablement au public qui l'adopta aussitôt.
Louangée par la presse, elle entame une carrière qui
durera presque vingt ans sans que son étoile ne cesse de briller.
Cora Madou n'est pas une interprète comme les autres. Jamais elle ne
donnera de tours de chant dans une grande salle : c'est dans les
petits établissements qu'elle sera le plus à l'aise, devant un
piano, accompagnée tout au plus de deux ou trois musiciens la
plupart du temps par Vincent Scotto lui-même à la guitare.
Son style tranche sur celui de toutes les vedettes de
l'époque : elle se veut en communication directe avec ceux qui sont
venus l'entendre et pour qui chacune de ses chansons est une
confidence.
Aimé du grand public, Cora Madou fut également aimée
par la haute bourgeoisie qui, alors, méprisait systématiquement tous
les artistes de music-hall et c'est dans cette haute bourgeoisie
qu'elle épousa, en 1938, peu après avoir quitté la scène, Guy La
Chambre, alors ministre de l'air, Guy La Chambre qui fut un des
accusés au procès de Riom et le grand responsable de la
reconstruction de Saint-Malo après la guerre.
Elle mourut à Villefranche-sur-mer en 1971.

Enregistrements
:
Entre 1926 et 1838,
elle gravera de nombreux titres, la plupart de Scotto et c'est par ces enregistrements qu'on réussi, aujourd'hui, à se faire
une idée de ce que pouvait être son tour de chant.
Ces mêmes enregistrements étaient, jusqu'à tout
récemment, introuvables. L'on connaissait, bien sûr, son grand succès, Paradis du rêve (Richepin et Fyscher) et quelques anthologies lui avaient consacré une
petite place : 52 Chansons de Vincent Scotto chez Virgin (Parle-moi), Chanson coloniales et exotiques
(sic) chez EPM (Tchin Tchin Lou), Marseille 1921-1951 chez
Frémeaux (Sur le pont de Marseille) et un album consacré à
Scotto chez le même éditeur (J'ai rêvé d'une fleur) mais,
de son répertoire, il aura fallu attendre un CD consacré entièrement à
ses chansons pour en deviner l'étendu.
Ce CD intitulé tout simplement Cora Madou (succès
et raretés), on le retrouvera dans la collection Chansophone au
numéro 161. Vingt-trois titres dont le Paradis du rêve cité
ci-dessus :
- Adieu Venise provencale (René
Sarvil - Vincent
Scotto) - 1934
- Après toi je n'aurai plus d'amour (Koger - Vincent
Scotto) - 1935
- Berce moi (Bertet, Koger - Vincent
Scotto) - 1932
- Comme autrefois (Scotto - Carré)- 1930 (*)
- Écoute ma guitare (Bertet, Gitral - Vincent
Scotto) - 1935
- Femmes et roses (Scotto) - 1926
- J'ai rêvé d'une fleur (René
Sarvil - Vincent
Scotto) - 1933
- Je ne rêve que de lui (Bertet, Gitral - Vincent
Scotto) - 1935
- Laisse-moi (Scotto, Bertet, Koger)- 1930 (*)
- Ma rue (Charles, Lenoir) - 1933
- Moi, j'écoute l'accordéon (Carco, Rieux - Vincent
Scotto) - 1933
- On n'les trouve plus (Scotto, Koger, Karol)- 1931
- Paradis du rêve (Richepin, Fyscher) - 1934
- Passion (Scotto - Bertet) - 1930 (*)
- Plus beau tango du monde, Le (René
Sarvil - Vincent
Scotto) - 1935
- Sans toi (Vincent
Scotto - René Sarvil)
- 1930 (*)
- Sur le Yang Tse (Lenoir - Vincent
Scotto) - 1932
- Tango illusion (Koger, Vincent
Scotto, Sellers) - 1935
- Tchin Tchin Lou (lenoir - Vincent
Scotto) - 1932
- Tu m'fais rire (Phyllo - Vincent
Scotto) - 1932
- Tu me demandes si je t'aime (Bertet - Vincent
Scotto) - 1927 (*)
- Un mot, un sourire, un regard (Vincent
Scotto, Koger, Karol) -
1931
- Vous avez l'éclat de la rose (René
Sarvil - Vincent
Scotto) - 1935
(*) Indique des
titres avec accompagnement à la guitare par Vincent Scotto.
À se procurer pour entendre
sa version d'Adieu, Venise provençale mais surtout son
interprétation du Plus beau tango du monde qui,
avec elle, devient ce que cette chanson aurait toujours dû être :
une véritable chanson d'amour... mais votre webmestre reste partial
à son J'ai rêvé d'une fleur.
Illustrations musicales à suivre.
|