Alexandre Guyon, le père, est né en 1830. Il
était ciseleur de son métier et grand admirateur de Debureau. S'étant
lié d'amitié avec le fils de ce dernier, il se fit, en 1847, machiniste
pour voir son idole tous les soirs. Comme il était de toutes les
représentions et le suivant de théâtre en théâtre, on lui laissa le
privilège, en 1850, de revêtir le costume de Pierrot sous le nom
d'Alexandre. - Avec Debureau père et Debureau fils, il fut non seulement
au paradis mais apprit son métier.
Plus
tard, aux Folies Dramatiques, sous le nom de Guyon, il se fit connaître
pour, entre autres, sa faculté de jouer à peu près tous les instruments
de musique.
Il est un Hercule, nous dit le Docteur Goninet, un fidèle lecteur : un biceps gros comme la cuisse
d'une femme géante. Serrurier-mécanicien, il se construit lui-même ses
maisons. Habitant Nogent, dans une île, il se fabrique, en véritable
Robinson, des cages à poulet, des chaussures, des tournebroches...
Engagé à l'Eldorado (voir
Paulus,
Mémoires, chap.
12), il y fit surtout
connaître pour ses dons d'imitateurs (La Bordas - voir à
Amiati) puis
rentra aux Variétés en 1876 où il resta jusqu'en 1883.
En 1895, âgé de 66 ans, il obtint la pension de 500 fr. de la Société
des artistes.
Son fils, Guyon
fils, devint, comme son père, artiste de café-concert après avoir
suivi des cours au Conservatoire de musique. - Les deux furent des
compagnons de
Paulus qui les mentionna
souvent dans ses
Mémoires : chap.
12,
14,
16,
17 et
19.