Paulus, dans ses
Mémoires, ne le mentionne qu'en passant
(chap. 9) car ce ne fut pas, à proprement
parler, un artiste du café-concert : Charles Constant Gobin fut en effet
plus comédien que chanteur mais il fut un comédien considérable :
Il débuta, comme le souligne
Paulus, figurant au Théâtre Montmartre. C'était en 1860 et il avait
alors 16 ans. Des bouts de rôles lui sont confiés là, puis à la Porte
Saint-Martin et même au Palais-Royal jusqu'à ce que Cogniard, le
directeur des Variétés, voit, dans le gros bonhomme à l'œil ahuri et au
sourire communicatif qu'il était devenu, la vedette de ses futurs
féeries au Château-d'Eau. C'était en 1870, peu de temps après que Paulus
ait eu fait sa connaissance. Il y resta quatre ans avant de repasser au
Théâtre de la Porte Saint-Martin qui, cette fois-là, en fit son premier
comique.
Il y resta sept ans, faisant
partie de presque toutes les pièces reprenant tous les rôles de son
prédécesseur, le gros Laurent, en créant d'autres et en donnant une
nouvelle vie à certains depuis longtemps oubliés.
Les Folies Dramatiques
l'accueillirent à leur tour où il devint notamment un Bonacieux
inoubliable dans les Petits Mousquetaires de Louis Varney (100
représentations), un Agénor époustouflant dans la Fauvette du Temple
d'André Messager.
Retour au Palais-Royal en 1896
qui, cette fois en fait une de ses principales vedettes puis retour
également à la Porte Saint-Martin et aux Bouffes où l'on ne cesse de lui
fournir des rôles à son immense mesure.
Quelques photos de Gobin en
costumes de scène :
Il a cinquante-six ans quand il
décide de prendre, en 1901, sa retraite, une retraite fort confortable
où il s'éprit de la nouvelle folie du siècle naissant, l'automobile.
Elle ne dura, hélas, pas trop longtemps car, atteint d'urémie, il mourut
le 6 août 1907 laissant, parmi d'autres donations, plusieurs milliers de
francs à la Société des artistes.