Chanteur comique, toujours vêtu de
noir, et compositeur dont
les titres de gloire semblent être d'avoir su imiter la flûte à la
perfection (on le surnommait «le sifflomane»), d'avoir créé Le
Bouton de Bilou, une inimaginable scie de Frédéric Deleau et de Louis
Antonin, et d'avoir écrit la musique de La noce des nez (paroles de
Léon Laroche) qu'a créée Jeanne Bloch
à La Scala en 1892.
Sa carrière (diverse) semble a été
très longue :
Sallée et Chauveau (Music-hall
et café-concert, Bordas, 1985) le placent à l'Eldorado avant 1870, à
l'Alcazar d'hiver entre 1871 et 1873, à l'Horloge avant 1880 et, finalement,
en directeur artistique au Trianon de 1893 à 1896.
En 1903, il signe quelques chansons et
monologues qu'endisque Charlus dont
Boit-sans-soif et Bec-salé et Les rouleaux de
papier-peint.
On parle donc d'une quarantaine
d'années.
Paulus, qui écrit en 1906, parle de lui,
quand même, au passé tout en soulignant qu'il a lancé pas mal de
succès dans sa longue carrière (Mémoires,
chapitre 8). Espérons que ces succès aient été supérieurs à ce
Bouton de Billou :
J'suis Billou, v'là mon
histoire
Et celle de mon bouton.
C'lui d'un fantassin notoire
D'la garnison d'Charenton
Un jour devant une baraque
Que je r'gardais fair' des tours
Je me tordais comme un braque
D'entendr're leurs calembourgs
Mais ma culotte était mûre
L'bouton partit tout-à-coup...
Auriez-vous par aventure
Trouvé le bouton d'billou
Trouvé l'bout-bout
Trouvé l't'on-ton.
Trouvé l'boutond'billou ?
Chadourne, quant à lui -
chapitre 6 -
ne peut s'empêcher de citer cette autre scie qu'il juge idiote à
souhait ajoutant que Duhem chantait en levant alternativement un bras et une
jambe :
Titine est née à Grenelle,
Tant mieux pour elle !
Et Guguss' nez aplati,
Tant pis pour lui !
Titine aim' le vermicelle,
Tant mieux pour elle !
Guguss' le macaroni,
Tant pis pour lui !
Titine port' d' la flanelle,
Tant mieux pour elle !
Et Guguss' Port' Saint-Denis,
Tant pis pour lui !