Elle est née en 1894 et, tout en suivant
des cours au Conservatoire d'art Dramatique (classe de P. Mounet), elle est
figurante au théâtre de Grenelle (Esméralda à 14 ans, en 1908). Elle
suit des cours de chant aussi et, très tôt, elle devient chanteuse
d'opérette, métier qu'elle exercera jusqu'en 1926.
L'année suivante, elle entame une carrière
de chanteuse populaire avec Pedro (J. Gey et J. Rodor) qu'elle chante
à l'Olympia. Succès immédiat. Elle est au Casino de Paris en 1932 puis passe
en vedette à l'ABC et à Bobino.
Dans ses tours
«de chant», elle danse, chante,
joue la comédie, mime, intercalant chansons réaliste, comiques, monologues,
chansons folkloriques, chansons pour enfants et mélodies classiques.
En 1932, elle inaugure la
formule du récital à Bruxelles puis à Paris, au Théâtre des Champs-Élysées,
l'année suivante : 35 chansons, sans micro. Piaf trouve en elle une source
d'inspiration. Colette la vénère. Son public l'adule. C'est elle qui crée Quand Charlotte prie Notre-Dame (Jehan Rictus- 1934),
La java d'un
sou (Batell, Valray - 1935), Mon légionnaire (R. Asso, M. Monot -
1936)...
Exilée durant la guerre, elle
chante en Amérique, en Suisse, au Portugal, en Afrique du Nord. - Elle
refait une entrée triomphale en 1945 (à l'ABC et au Théâtre de l'Étoile)
puis repasse du côté du théâtre (Théatre Antoine, 1950), revient au
Music-Hall (Bobino, 1953) assurant, avec Damia, la
réouverture de l'Olympia
en 1955.
Elle tourne aussi, dans
quelques films : Escale de Louis Valrey (1935 - Chanson-thème : La
java d'un sou, Au fil des ondes de Pierre Gautherin en 1951, Une nuit au Moulin-Rouge de Jean-Claude Roy (avec l'ineffable
Armand Bernard)
en 1955...
En 1958, après cinquante ans
de carrière, elle n'en peut plus.: «J'ai
payé trop cher : ce métier m'a tué» dit-elle...
Elle mourra 14 ans plus tard,
à Paris, en 1972 après avoir donné sa dernière interview en 1962.
Trente-cinq ans après son
dernier spectacle, soixante six ans après son premier succès (enregistré),
que reste-t-il de Marie Dubas ?
On serait tenté de dire rien.
- Même pas son Légionnaire que Piaf a repris à son compte (mais qui
n'a cessé de dire toute sa vie qu'elle a tout appris d'elle). - Parfois, à
Noël, quand les disc-jockeys en ont assez des chansons qu'ils ne cessent de
tourner, un téméraire en profite pour mettre en ondes sa Charlotte prie
Notre-Dame.
Que l'histoire est ingrate !
Ce qu'il reste d'elle ? -
Tout. - Sauf qu'on a oublié la créatrice pour n'écouter que ses créatures,
ses - on serait même tenter de le dire - imitatrices, qu'elles
s'appellent Althéry, Piaf, Anny Cordy,
Suzy Delair, Gréco, Patachou,
Sylvestre, Vartan... (Enfin : vous voyez le programme....) - Mais passons...
Voyons de près :
Cinq enregistrements datant
de 1928 à 1939 (il faudrait en citer vingt, trente !)
Attention cependant à la
longueur des fichiers...
De son répertoire opérette
d'abord, une petite chanson de P. Bernard et G. D'Onquaire :
Ça fait peur aux
oiseaux - 1928
De son répertoire
fantaisiste, de M. Yvain et M. Blot :
C'est toujours ça de
pris - 1935
Une de ses grandes créations,
de R. Asso et de Marguerite Monod, la chanson qui allait lancer Piaf :
Mon légionnaire - 1936
Comment passer par dessus
cette stupéfiante (c'est le cas de le dire) chanson de Carcel, Cor et Clive
:
Le tango stupéfiant -
1936
Et si vous pensiez tout
connaître, écoutez-là devant son public dans un de ses grands succès :
La femme du roulier (folklore)
- 1939
Récent livre sur Marie
Dubas :
François Bellair-Dubas
et Robert de Laroche : «Marie Dubas comédienne de la chanson»
Édition
Christian Pirot (2004).
Merci à
Martin Pénet et à François Bellair (cités ci-dessus), -
Martin, historien de la chanson et auteur de «Mémoire de la chanson»
(Édition Omnibus-Culture, 2001), de «Mistinguett, la reine du
Music-Hall» (Éditions du Rocher, 1995), etc. et François qui est le propre fils de Madame Dubas - pour les corrections et précisions qu'ils ont bien
voulu nous communiquer en rapport avec cette page.