Henri Dodane, dit Dorville,
dit «l'homme-otarie», chanteur-comédien, né à Paris en 1883 et mort à Souillac en 1941.
Il suffit de l'avoir vu une fois à l'écran pour
se rappeler sa gouaille et son physique dont il savait se servir
pour faire rire des salles entières.
D'abord employé dans un magasin de chaussures (on
peut penser qu'il y était à sa place tout comme Fernandel pouvait être à la
sienne en croque-mort), il monte sur les planches vers 1899 (il a à peine
seize ans) en imitant les vedettes de l'époque : Dranem,
Mayol et d'autres. Puis, vers 1904, il
découvre son véritable style, celui que l'on connaît et qu'on connaîtra
longtemps, jusqu'à sa mort en fait, qui surviendra 37 ans plus tard : un
mélange de clown et de chanteur comique que, seul, un physique comme le sien
pouvait réunir dans une sorte de monsieur-tout-le-monde qui rend tout le
monde, justement, de bonne humeur dès son entrée en scène.
C'est en 1921 qu'il devient véritablement célèbre en
lançant une sorte de crie de phoque dans une chanson faisant partie d'une
revue mettant en vedette le célèbre Dréan intitulée
Cach' ton piano,
le même qui allait enregistrer Elle s'était fat couper les
cheveux. Ce cri, c'est un «ouin» (la chanson
s'appelait Ouin-Ouin) qui accentue son apparence déjà comique.
Dès lors, le théâtre et le cinéma s'empare de lui.
Il tient en 1930 le rôle principal dans Les
Aventures du Roi Pausole (musique d'Arthur Honneger) puis en
1933, c'est la consécration en Sancho Panza dans le Don Quichotte
de Georg Wilhelm Pabst.
Parmi ses chansons, outre ce célèbre Ouin-ouin,
on peut retenir La foire d'Asnières ou encore C'est
l'amour qui passe mais pour vraiment profiter du talent de ce
personnage, il faut le voir. C'est ainsi que nous offrons à nos lecteurs non
pas seulement une chanson mais bien un extrait de film où il entame Comme de bien entendu dont
Arletty
poussera le couplet suivant en face d'un Michel Simon, quelque
peu surpris.
Cet extrait est tiré de
Circonstances
atténuantes de Jean Boyer (1939) :
(Dorville en barman,
Andrex appuyé sur
le zinc et Arletty et Michel Simon dans la salle)
Les paroles de cette chanson de Jean
Boyer (Georges Van Parys pour la musique), récemment reprise par Patrick Bruel
et Renaud (Album Entre Deux) se trouveront en annexe.
Parmi les autres films
de Dorville :
Sans famille de Marc Allégret (1934)
Trois cents à l'heure de Willie Rozier (1934)
Pluie d'or de Willie Rozier (1935)
Deux gosses, Les de Fernand Rivers (1936)
Affaire du courrier de Lyon, L' de Claude
Autant-Lara et Maurice Lehmann (1937)
Drame de Shanghaï, Le de Georg Wilhelm Pabst
(1938)