2009-11-06

(Collection Jean-Yves Patte)

 

 

 

 

 

 

 

(collection Robert Thérien)

 

 

Delmet  cahier : Les plus belles chansons

Enoch et Cie Éditeurs - circa 1930

Jusqu'à ce que la télévision remplace le traditionnel piano qu'on retrouvait dans toutes les maisons bourgeoises du siècle dernier (et de la fin de l'autre avant), lorsque des fiançailles avaient lieu, si on donnait une petite fête, si un oncle "qui savait chanter" était de passage, on était sûr d'entendre, sinon plusieurs, au moins une chanson de Paul Delmet.

Il est né en 1862. Sa jeunesse, il la passe dans des chorales et des chœurs de chant (celui des Concerts Colonne, entre autres) et lorsqu'il commence à travailler, il est graveur de notes de musique dans un atelier d'imprimerie.

Il n'est pas grand ; il porte la barbe ; il est non pas mince mais fluet ; il a, de surcroît, de petites lunettes et même un œil de verre.

Tout en lui ne le destine pas à chanter des chansons d'amour mais il s'obstine (ce que fera, soixante ans après, un certain Aznavour...) sur des poèmes et des paroles qu'il recueille ici et là (dont chez Botrel) ; il écrit de la musique ; il chante également les chansons des autres. "Quand les lilas refleuriront", par exemple, de son camarade Georges Huyot dit George Auriol, secrétaire à partir de 1885 du Chat Noir.

Il aurait été professeur de chant dans un couvent qu'on l'aurait fort apprécié mais c'est au Chat Noir de Rodolphe Salis qu'il décide de faire ses débuts. - Contre toutes attentes, il a du succès. - Il en aura jusqu'à sa mort, en 1904.

Sa spécialité : la romance.

Sa voix, paraît-il, était juste, bien timbré et grave.

Son public était celui des dames, bourgeoises pour la plupart, qui venaient l'entendre, au Bataclan, au Divan Japonais et ailleurs.

Il eut un grand succès et ses chansons, débarrassées des banalités de l'époque, touchaient les cœurs.

On le chante encore aujourd'hui - moins peut-être qu'à une certaine époque mais Nougaro l'a endisqué ; Cora Vaucaire aussi, et puis Lys Gauty, Mouloudji, Roland Gerbeau, André Claveau, Réda Caire, Patachou, Richard Anthony, Francis Lemarque et surtout celui qu'on a considéré longtemps comme son successeur : Jean Lumière. - Quant à Tino Rossi, on ne peut le passer sous silence car c'est lui qui personnifiait  Paul Delmet à l'écran dans "Envoi de Fleurs" de Jean Stelli (en 1950).

(André Claveau fait une brève apparition en Paul Delmet dans French Cancan de Renoir en 1955 - il y chante le refrain des "petits pavés"...) - Voir à French Cancan - Films


Parmi ses chansons

  • "Envoi de fleurs", naturellement (Henri Bernard)
  • "Charme d'amour" (Maurice Boukay)
  • "Stances à Manon" (idem)
  • "Petit Chagrin" (idem)
  • "Vous êtes si jolie !" (Léon Suès)
  • "Le vieux mendiant" (Paul Delmet / Henri Bernard)
  • "Berceuse d'amour" (Delmet)
  • "Tout simplement" (Maurice Boukay)
  • "Les mamans" (Théodore Botrel)
  • "La petite église" (Charles Fallot)
  • "Mélancolie" (Delmet)
  • "Le baiser promis" (Abel)
  • "Chanson frêle" (Delmet)
  • "Chanson pour ma mère" (Vadorin de Volgré)
  • "La petite étoile" (Charles Fallot)
  • "Quand nous serons vieux" (Delmet)

etc.

Sa chanson la plus connue demeure "Les petits pavés", mentionnée ci-dessus, qui est d'une étonnante facture.  - À se demander comment  elle a pu non seulement passer mais durer. - De tous les succès de Delmet, c'est le seul que Tino Rossi ne chanta pas dans "Envoi de fleurs" mais que ne dédaigna pas Jean Lumière qui en fit une version non seulement adéquate mais remarquable par sa simplicité  : accompagnement de piano seul.  (Voir ci-dessous)

D'autres versions l'avait précédée : voir aux pages dédiées à : Lys Gauty et à Madame Rollini


Petits formats
   

Enregistrements

Voir à "Vous êtes si jolie", une page qui contient les paroles et donne accès à quatre versions de cette chanson datant de 1896.

 

Voir à Jean Lumière pour "Envoi de fleurs", "Quand nous serons vieux" et  "Les petits pavés".