2009-11-06







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Contrairement à la majeure partie des médecins, architectes, académiciens qui figurent dans Le Grand Larousse, Gaston Couté (qui n'y figure pas) aura eu sa statue. Plus encore : un grand site Internet et un musée à lui tout seul.
Né en Beauce en 1880, ce fils de paysan commence à réciter ses textes à Paris en 1898 à l'encontre des vœux de ses parents qui l'auraient vu dans l'administration des finances de la Nation. Il revêt d'abord le costume de son pays puis passe très vite à un autre plus adapté à ses chansons où il fustige les bourgeois, son époque et l'égoïsme de ses contemporains.
Sa carrière sera courte : il mourra, victime de l'alcool, en 1911 non sans avoir laissé derrière lui des textes mémorables.
Ce "gars qu'a mal tourné" (titre d'une de ces chansons) n'a pas si mal tourné, en fin de compte : à Meung-sur-Loire, là où il est né, son buste orne le mail au bord de la Loire et on y trouve depuis la fin de la guerre un musée, fondé par Roger Gauthier, qui contient plusieurs de ses manuscrits et de ses dessins de même qu'une grande partie de son œuvre imprimée, une bibliothèque des ouvrages le citant, des affiches de ses prestations, etc. - Installé dans une ancienne salle d'école, près de la porte d'Amont, ce musée est accessible sur demande auprès de la Mairie (Monsieur Gandon, archiviste). - (Informations fournies par Alain Renault, petit-fils d'un ami d'enfance de Couté.)
Pour de plus amples renseignements
Un site complet sur ce poète qu'on redécouvre de plus en plus :
http://gastoncoute.free.fr
(Sa vie, son œuvre, des commentaires, de nombreux textes, etc.)
Meung-sur-Loire
Meung sur Loire est situé sur... la Loire, à 18 km en aval d'Orléans. - Ancienne collégiale romane, château des évêques d'Orléans, comportant une tour carrée médiévale avec un logis principale remanié au 18ième, des oubliettes où séjourna François Villon, des restes de remparts (Porte d'Amont), quelques maisons médiévales, d'anciennes écuries de Louis XI (où Jeanne d'Arc passa une nuit), etc., etc. - Plusieurs mauves ayant servi à animer des moulins à eaux. - Gaston Couté fut le fils d'un meunier installé à celui de Clan, qui existe toujours. (Alain Renault)
À propos de Gaston Couté
Voici ce que Michel Herbert (La Chanson à Montmartre, La table ronde, 1967) a écrit à son sujet :
"Né à Beaugency en 1880, ayant passé sa première enfance dans le moulin paternel de Meung-sur-Loire, cette petite cité pleine du souvenir de François Villon, Gaston Coué était destiné par une famille ambitieuse à l'administration des Finances nationales. En conséquence, il fut confié au lycée d'Orléans, mais, rimant et rêvant d'autres succès, il partit pour Paris en 1898, avec cent francs en poche".
Commentaire (Alain Renault) :
"À la gare de Meung-sur-Loire son père lui remet effectivement 100 F en lui annonçant qu'il n'aura plus rien mais que son retour sera toujours bien accueilli..." |
"Admis à réciter des vers à Al Tarlane, il délaissa bientôt ce cabaret, où il se produisait gratuitement, pour l'Âne Rouge dont le patron, plus généreux, lui allouait en guise de salaire un café-crème quotidien. On ne devine que trop que fut l'existence du pauvre déraciné réduit à cette maigre pitance, à laquelle s'ajoutaient parfois les alcools corrosifs offerts par d'aimables spectateurs. Il subsista ainsi, pourtant, pendant un an, créant Le champ de naviots, et tant d'oeuvres d'une facture déjà puissante, cris de révolte d'une âme simple et droite se dressant face à la Société égoïste et veule pour laquelle "l'honneur quient [tient] dans l'carré d'papier d'un billet d'mille".
"De l'Âne Rouge, Gaston Couté passa aux Funambules [...]
"S'il atteignit la gloire, il ne connut jamais l'aisance. C'est au point qu'un soir, un noctambule qui avait heurté du bout de sa canne un gros tuyau de ciment gisant sur un chantier de la Compagnie du Gaz eut la surprise d'en voir sorti Couté mal réveillé. Injurié par celui-ci, l'autre s'excusa, convia le chansonnier à souper et lui loua pour une semaine un gîte plus normal dans un hôtel de Montmartre.
"Le logis qu'il apprécia le plus fut l'arrière-boutique d'un bougnat, non à cause de son confort relatif, mais parce que le local n'était séparé que par l'épaisseur d'une porte condamné d'un tonneau de vin installé dans le débit. [...]
"Sincère dans ses propos comme dans ses œuvres, Gaston Coué distribuait avec beaucoup trop de générosité les vérités désagréables [...]
"Son indépendance, et aussi, hélas !, son intempérance, faisaient de [lui] un pensionnaire inconstant. C'est pourquoi il ne figura pas à la place d'honneur qui lui revenait sur les programmes de nos cabarets. Bast ! Il chantait et cela lui suffisait.
"Victime de l'alcoolisme, il mourut en 1911, à l'hôpital Lariboisière, laissant une œuvre admirable [...] Son père vint l'accompagner à sa dernière demeure. Rageur et têtu, le brave meunier n'avait pas pardonné. Il ne desserra les dents qu'au cimetière pour marmoter en jetant la pelletée de terre symbolique sur le cercueil de son gars "qui avait mal tourné" : "T'as voulu y venir à Paris, eh ben, t'y v'là maint'nant !" Ce fut l'oraison funèbre de Gaston Couté. Quelle belle chanson elle lui eût inspirée !"
Commentaire (Alain Renault) :
"Il s'agit [là] d'une légende due à une mauvaise lecture d'un texte de Carco, complètement démontée par les ouvrages consacrés à Gaston Couté. D'ailleurs ce dernier n'a pas été enterré à Paris mais à Meung-sur-Loire dans le caveau familial (toujours présent au "Champ d'naviots" - le cimetière." |
Ce que Couté disait de lui-même
"C'est égal ! Si jamés je r'tourne
Un jour r'prend' l'air du pat'lin
Ousqu'à mon sujet les langu's tournent
Qu'ça en est comm' des rou's d'moulin,
Eh ben ! I' faura que j'leu dise
Aux gâs r'tirés ou établis
Qu'ont pataugé dans la bêtise,
La bassesse et la crapulerie
Coumm' des vrais cochons qui pataugent,
Faurâ qu' j'leu' dis' qu' j'ai pas mis l'nez
Dans la pâté' sal' de leu-z-auge...
Et qu'c'est pour ça qu'j'ai mal tourné !..."
Gaston Couté : "Le gars qui a mal tourné"
Parmi ses titres de gloire
"Le gâs qu'a perdu l'esprit" (musique d'Eugène Poncin) - 1900
"- Ohé là-bas ! bourgeois qui passe,
Arrive ici que je t'embrasse ;
T'es mon frère que je te dis
Car, quoique t'as de bieaux habits
Et moi des hardes en guenille,
J'ons tous deux la même famille"
Voir ici 
"La Toinon" (musique de Gérard Perron - en 1979) - 1900
"Paraît qu'la Toinon qu'est arti' coumm' bonne
Pour aller sarv' cheu des gens d'Paris
S'appelle à pesent : Madame la Baronne ;
Moué, je suis resté bêt'ment au pays,
Ça ne m'a jamais v'nu dans la caboche
Ed' coller un "De" par devant mon nom...
Et pourtant, du temps qu' j'étais tout p'tit mioche
J'allais à l'école avec la Toinon..."
"La Julie Jolie" (musique de Léo Daniderff) - 1904
"Pour quatr' pair de sabiots par an
Avec la croûte et pis l'log'ment
I' fit embauch' de la Julie...
...
I' s'enstit d'venir amoureux
Et sauta dans l'lit d'la Julie...
...
Vendit sa lande et son troupet
À seul' fin d'se fair' des jaunets
Pour mettr' dans l'bas blanc d'la Julie
...
Ayant donné jusqu'à sa ferme
A l'mit dehors, aux vents du ch'min
...
Avec la croute et pis l'log'ment
I' s'embaucha cheu la Julie..."
"Les mangeux d'terre" (musique de Maurice Duhamel) - 1905
"O mon beau p'tit ch'min gris et blanc
Su l'dos d'qui j'passe !
J'veux pus qu'on t'serr' comm' ça les flancs
Ca moué j'veux d'l'espace !
Ousqu''est mes alumett's ? À sont
Dans l'fond d'ma pan'tière...
Et j'frais r'culer vos mouessons,
Ah ! les mangeux d'terre !"
"Va danser !" (musique de Marcel Legay) - 1905
"Après ça, tu te marieras...
Et quand la moisson sera haute
Avec ton bonhomme au rude bras
Moissonnant un jour côte à côte
Vous viendrez peut-être à parler
Émus de pitié grave et sobre
De Jean qui mourut en octobre
D'un mal pris en fauchant les blés..."
"Jour de lessive" (musique de Léo Daniderff - en 1924) - 1910
"Quand je t'aurai conté ma vie
Malheureuse d'affreux salaud,
Ainsi qu'on rince à la fontaine
Le linge au sortir du cuvier,
Mère, arrose mon âme en peine
D'un peu de pitié !"
Discographie - Album photos
On trouvera en annexe une discographie détaillée des enregistrements des chansons de Gaston Couté 
Cette discographie est l'œuvre d'Alain Renault qui nous a gracieusement donné la permission de la reproduire ici.
En annexe également diverses photos reliées à Gaston Couté de la collection personnelle de Monsieur Renault 
Spectacle (voir en notre page "Spectacles")

Le Spectacle d’Alain-René GEORGES
mise en scène de James HODGES
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