Né à Paris, le 17 décembre 1915, décédé, à
l'âge de 87 ans, à Brassac (Tarn), le 4 juillet 2003, André Claveau aura été plus que le
créateur de «Marjolaine», de «Domino» et de, l'aujourd'hui
mondialement connu «Bon anniversaire». Car, oui, c'est bien lui qui a
chanté, pour la première fois :
«Bon
anniversaire, nos vœux les plus sincères
Que ces quelques fleurs vous apportent le bonheur...»
C'était dans un film de Jean-René Legrand où
il était en vedette aux côtés de Simone Logeart et d'André Gabriello : «Un
jour avec vous», en 1951. - Sur des paroles de Jacques Larue (celui de «Cerisiers
roses et pommiers blancs», un autre de ses succès) et une musique
de Louiguy (Louis Gugliemi) qui a écrit, entre autres la musique pour «La
vie en rose» pour Piaf.
Bien avant, cependant, il avait atteint des sommets de popularité desquels ni
la mode, ni l'âge auront pu le déloger.
Sa carrière dans la chanson débute
au milieu des années trente où, graphiste et dessinateur de bijoux, il
participe à un concours d'amateurs organisé par le Poste Parisien (1936) d'où
il sort vainqueur. Pendant six ans, il passera en troisième, deuxième et
parfois première de programmes dans différents music-halls ; il est au Mogador,
en 1939, au Pacra, en 1940, à l'Européen, en 1941, etc. mais ce n'est qu'en
1942, lorsque remarqué par l'impresario Marc Duthyl, qu'il commença vraiment à
être connu. - Il a alors vingt-sept ans. - Il est jeune, il a une voix chaude
et généreuse, et il a du charme.
À la Libération, il est devenu le «Prince
de la chanson de charme», et devient animateur à la radio où, au cours des
années qui suivront, il deviendra un des plus connus des chanteurs français accumulant succès
après succès, pas tous des chefs-d'œuvre, jusqu'à la toute fin des années
soixante où, encore au sommet de sa gloire, il décide de prendre sa retraite
pour ne plus jamais remonter sur scène, ni paraître à la télévision, lui qui
aura chanté, un soir, devant vingt millions de téléspectateurs au Concours Eurovision de la
Chanson en 1958, concours qu'il a évidemment
remporté ; avec «Dors mon amour» sur une musique de Pierre Delanoë
et des paroles de
Hubert Giraud.
Nous reste de cet
homme à la «voix de velours» (il avait une voix de chanteur d'opéra et
devait se retenir constamment) des enregistrements qui donnent une très bonne
idée de ses tours de chant mais surtout de ses prestations radiophoniques.
Nous en avons retenus
deux dont un que nous avons incorporé dans une page où l'on trouvera la même
chanson interprété par André Claveau mais également
Lucienne Boyer,
Ray Ventura
et Jean Sablon :
[Venez donc] Chez moi,
paroles et musique de Jean Féline et de Paul Misraki
Et puis un deuxième,
datant de 1943, un tango que Tino Rossi n'hésitera à mettre à son répertoire :