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2008-03-28

Élyane Célis


Une certaine difficulté à se déplacer fera qu'Élyane Célis, née Éliane Delmas, à Ixelles, en Belgique (1914), ne fera pas carrière du côté de l'opérette ni de l'opéra.

 

Son rêve était de devenir professeur de piano mais sa voix qu'on a décrite de toutes les façons («voix de cristal», «rossignol chantant», «un baume pour l'oreille»...) a eu pour résultat que c'est dans cette direction qu'elle a fait carrière.

 

Après avoir chanté dans des soirées d'amateurs, elle fit ses débuts à «La noce», place Pigalle, en 1935, un établissement qui, par un concours de circonstances, changera de nom le lendemain pour celui de «Le Trône». Elle passe ensuite au «El Garron» où Henri Varna et Maurice Chevalier l'engage tout de suite pour leur prochaine revue au Casino de Paris, «Parade du monde» (où Chevalier, affichant pour la première fois à Paris son célèbre canotier, n'apparaissait que dans la seconde partie).

 

Elle a tout juste 21 ans mais elle défend si admirablement les choses qu'elle a à chanter, «Un soir d'amour près de vous», «Piroulirouli» et «Où chante le coucou» (paroles de Varna, Lelièvre Père et Marc Cab, musique de Vincent Scotto) qu'elle obtient, en 1936, avec l'enregistrement qu'elle fait de ce «Piroulirouli», l'un des cinq Grands Prix du disque de la Fondation «Candide». C'est la consécration.

 

Ses tours de chant, elle les donnera généralement assise ou allongée sur un piano. Elle en donnera des milliers où elle ne cessera de créer succès après succès tout au long des années trente et pendant l'Occupation si bien qu'une chanson commandée à son mari, le parolier Marcel Delmas, par nul autre que le général Leclerc  (à la gloire de sa division blindée), «Lorsque demain», lui évitera peut-être les ennuis qu'elle aurait pu avoir avec le comité d'épuration. - Un succès, ce «Lorsque demain», oui mais c'est de sa face «B» que viendra la chanson qui l'identifiera jusqu'à la fin de sa carrière, carrière qui se poursuivra jusqu'en 1954 avec une ultime représentation en 1955 : «Baisse un peu l'abat-jour» de Bourtayre et Delmas.

 

Élyane Célis s'est éteinte en son domicile parisien du 25 boulevard de Clichy le 16 juin 1962 après une longue maladie.

 

Une apparition au cinéma : dans «Les rois de la flotte» de René Pujol, en 1938.

 


 

On l'a dit et on l'a répété trop souvent pour qu'une mise au point soit nécessaire :

 

Éliane Célis a enregistré «Un jour mon prince viendra» du film «Blanche Neige» de Walt Disney (Franck Churchill) mais ce n'est pas elle qui doubla la voix de Blanche Neige dans le film : cet honneur revint à Lucienne Dugard.
 


 

Enregistrements

Dans l'ensemble, du moins ce que l'on a retenu d'elle, le répertoire d'Élyane Célis, même s'il se veut varié (tangos, rumbas, valses, mélodies sentimentales, françaises, italiennes, américaines, anglaises...) demeure étonnamment régulier. À écouter ses nombreux enregistrements, on se surprend à n'entendre presque toujours qu'une version de la chanson précédente, ce qui n'est évidemment pas le cas car Éliane Célis a énormément de métier et elle sait où «placer ses effets» sauf que cette voix trop haut perché (?) fait qu'on ne finit qu'à n'entendre qu'elle au dépens de la mélodie ou des paroles (excellente diction, soit dit en passant). À déconseiller : l'écoute de plus de quatre de ses chansons, l'une après l'autre.

 

On ne peut rien dire contre cette voix unique mais, comme dit Boris Vian, en parlant de Luis Mariano, («En avant la zizique») : «Avec une voix comme la sienne, on est condamné à chanter que des conneries

 

Ce qui suit n'est quand même pas une connerie. C'est du Reynaldo Hahn, sur des vers de Théodore de Banville enregistré le 12 février 1936 :

L'énamourée - Orchestre M. Cariven - Un disque Gramophone K 7711

 


Son plus grand succès, «Baisse un peu l'abat-jour» (Marcel Delmas/Henri Bourtayre), est disponible dans de nombreux CD traitant de son époque.

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