Albert Caudieux, né le 20 décembre 1850 (Marc Beghin) [*],
décédé à Paris vers 1914 (?) [**] : un artiste qui a laissé peu de traces mais l'une
d'entre elles est, aujourd'hui, une des plus connues de la Belle Époque
parce que dessinée par nul autre que Toulouse-Lautrec (voir ci-dessus).
Ce fut un chanteur plus ou moins à
la Paulus (avec quelques touches de Mayol), bref : il chantait tout en se
promenant de long en large, encourageant (ce que ni Paulus, ni Mayol ne
faisaient) le public à le suivre dans les refrains de ses scies dont les plus
beaux exemples dont «Baraki Barako» d'un certain Léopold Gangloff qu'il a
enregistré chez APGA en mars 1907 [***] et le non moins célèbre «Amant
d'Amanda» d'Émile Carré et de Victor Robillard, enregistré vers la même
date, créé des années auparavant par le roi des scies,
Libert.
(Collection Marc Béghin)
Paulus dit de lui (Mémoires,
chapitre 24) qu'il était un
Roger-Bontemps, «un bon gros garçon avec une
bonne voix», que sa spécialité était celle d'un
«notaire en rupture de
contrats» et qui, «malgré son bedon, esquissait des jetés-battus et pinçait un
rigodon comme pas un».
On retiendra de lui quelques titres
(dont plusieurs monologues) qui en disent long sur son répertoire :
L'homme qui aime ses aises
(Gerny, Chicot, Deransart) Pas de sots métiers (Carré, Emile Spencer) Ousqu'est mon flingot ? (Carré, Robillard) La Saint-Boute-en-train (de la Croix-Rouge, Emile Spencer) La marche des treize jours (Queyriaux, Emile Spencer) La bonne du curé (Emile Spencer) La lettre à Cathérine (Lucien Delormel, Garnier, Emile Spencer) Mon système est d'aimer le bon vin (sur une musique de
Pierre-Jean de Béranger) Les histoires du Régiment (Léopold Gangloff) Les boulotteurs (Emile Spencer) Une soirée à l'Ambigu (Léopold Gangloff) Ma femme ne sait pas ça (Lebreton, Mirecki) Faut mettr' ça sur l'addition (N. Herpin) J' boulott' partout (Bertinot) Quand on a tout perdu (Léopold Gangloff) Serrez vos rangs (Emile Spencer) Rim d'zim blim (Villemer,
Lucien Delormel)
Existe, également de lui, un
cylindre Lioret intitulé Vive le célibat (auteur, compositeur
inconnus) qu'on pourra retrouver chez
Truesound Transfers et dont voici un
extrait:
Vive le célibat -
Cylindre Lioret enregistré à Paris entre 1898 et 1901
[*] On avance souvent l'année 1876, ce qui correspond nullement avec le
fait, comme l'avance Paulus (cité ci-dessus), de sa présence chez les
zouaves lors de la guerre de 1870.
[**] Marc Béghin nous signale qu'il était toujours au bottin d'adresse des artistes, édition 1913...
[**] Repiqué récemment dans un album intitulé Chansons coloniales et
exotiques, chez EPM (no. 983312)