«Moi, j'étais du temps du
tango où même les durs...»
Les cheveux gommés, l'habit, la stature d'un «beau» des années trente, pas plus séduisant qu'il ne le faut, voilà l'image qui nous
serait restée de Réda Caire n'eut été cette voix particulière que les nombreux enregistrements qu'il a laissés nous renvoient aujourd'hui - et dans son cas, l'expression est vraiment juste -
d'un temps passé.
Nul n'aurait idée depuis au
moins la fin des années quarante d'entreprendre une carrière avec la voix
qu'il avait et pourtant, en 1962, quelque temps avant de mourir, il s'est
permis un autre succès en chantant ce «Temps du tango» qui aurait pu être
écrit directement pour lui par Caussimon et Ferré.
Cette voix, tout aussi
reconnaissable que celles de Mariano, de Tino Rossi ou de
Guétary, était et
est encore tout aussi merveilleuse aujourd'hui, soixante ans plus tard,
qu'elle l'était à ses débuts et, sans plus tarder, passons tout de suite
à quatre de ces enregistrements :
Le plus joli rêve (1957)
de Pierre Chapelle et Pierre Arezzo - Decca 450.702
On ne saurait cependant
citer Réda Caire sans faire jouer, ne serait-ce qu'un instant, ses deux plus
plus grands succès :
Les beaux dimanche
du printemps(1934) de J. Laurent et G. Gabaroche - Pathé PA 872
Si tu reviens(1936)deSaint-Giniez et de Tiarko
Richepin - Pathé PA 875
Et terminons avec un extrait
de ce fameux...
Temps du tango (1962) de Caussimon et Ferré
On trouvera par ailleurs un
cinquième enregistrement de Réda Caire en la page que nous avons consacrée à
une chanson de Paul Delmet (Vous êtes si jolie).
Quelques notes
biographiques :
Réda Caire
(collection Robert Thérien)
Réda Caire est né Joseph
Gandhour, en Égypte, le 4 février 1905, fils (Bey Gandhour) d'un haut fonctionnaire du Gouvernement. Belge par sa mère (qui appartenait à une des plus anciennes familles belges : Berner-Renoz de
Walden)
il a toujours eu à sa disposition le titre de Comte dont il ne s'est jamais, évidemment, servi. (Voir aux
mémoires de Charlus).
Destiné au droit, il débute en
amateur (à Lyon) dans une troupe d'opérette au début de sa vingtième année
puis professionnellement en 1928. - En 1930, il est à Paris où, très
populaire, il commence à donner des tours de chant vers 1933. - En 1934, il
enregistre Je voudrais un petit bateau (A.
Parera - Robert Valaire) et Les beaux dimanches de printemps (J.
Laurent, G. Gabaroche). - C'est la
consécration.
Jusqu'à la toute fin des années cinquante, il sera en
demande partout terminant sa carrière avec une chanson presque écrite pour
lui, Le temps du Tango, citée ci-dessus.
Entre temps, on l'aura revu
dans des opérettes et quelques films dont :
Si tu reviens
de Jacques Daniel-Norman (1937) avec Jean Dunot et Germaine Sablon
Le club des
aristocrates de Claude Dolbert (1937)
Prince de mon
cœur
de Jacques Daniel-Norman (1938) aux côtés de Colette Darfeuil et de Claude
May
Vous seule que
j'aime d'Alfred Machard (1939) avec Gorlett, Georges Bever, Paul
Boissin et Pauline Carton
Marseille mes amours
de Jacques Daniel-Norman (1940) avec Annie Avril, Léon Belières, Jean
Daniel et Suzanne Dehelly
Six petites filles
en blanc de Noé (1943) avec Gisèle Alcée, Pierrette Caillol,
Janine Darcey et Jean Murat.
Réda Caire est décédé d'un
arrêt cardiaque le 9 septembre 1963 à Clermont-Ferrand quelques mois
seulement après avoir donné un ultime récital au Théâtre du Gymnase à
Marseille, en 1962. (Memory
Music - no. 7243 8 39430 29).
La municipalité de
Saint-Zacharie (Var) où il avait l'habitude de passer ses vacances a nommé
une de ses places en son honneur.
CD :
Frémeaux et Associés
dont nous ne vanterons jamais assez la qualité des produits lui a consacré
un double album contenant un livret de 32 pages (d'André Bernard) et les
titres suivants :
Le plus beau refrain, Les
beaux dimanches de printemps, Guitare d'amour, Jeunesse, Trois mots doux, Si
tu reviens, Je n'ai pas de guitare, Bateau d'amour, Bercé par la houle, Ma
banlieue, Chante mon moulin, Soir de pluie, Ces mots : je t'aime, Balalaïka,
Un bungalow au bord de l'eau, Vous seule que j'aime, Pourquoi me dire non ?
- Voyage dans la lune, Sur la route blanche, Ses yeux perdus, Bonjour Tommy
!, Avec toi, c'est toujours dimanche, La belle marinière, Pourvu qu'on
s'aime, Ah ! Ah ! C'est la polka, Le petit souper aux chandelles, Mimi
d'amour, Valsez, Accordéon, La fête aux lanternes, Samba, Valse perdue,
Habanera, Insensiblement et La Paloma.