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Mayol ne fut pas un grand amateur de
Botrel
même s'il endisqua plusieurs de ces chansons.
Parmi celles-ci, nous avons retenus les titres
suivants :
La lettre du gabier (1902) (deuxième version -
1903)
Le petit Grégoire (1903) (deuxième version -
1905) (troisième version - 1906)
La Paimpolaise (1903) (deuxième version - 1905)
(troisième version - 1906)
Par le petit doigt (1903)
Noël à bord (1903)
Lilas blanc (trois versions en 1905 et 1906)
(4e version en 1921 ou 22)
(Il chantait encore ce Lilas
blanc lors d'une interview en 1941.)
Comme on pourra le constater Mayol lui resta quand
même fidèle.
Dans ses mémoires, il rapporte, entre autres, des
détails encore plus curieux sur ce «barde breton» :
«[On] me présenta à deux jeunes auteurs, qui
arrivaient à peine à Paris : Théodore Botrel et Paul Marinier. Le premier,
bien loin alors de la curieuse et dévote évolution qu'il subit depuis,
écrivait de petits couplets fort amusants mais grivois en diable, qui
eussent fait rougir un régiment de zouaves. S'en serait-on douté, quelques
années plus tard, quand il dirigeait, si pieusement, les éditions de «la
Bonne Chanson» que publiait Ondet ! Qu'eussent pensé les bonnes dames,
férues alors de ses poèmes édifiants, si elles avaient pu lire ses œuvres
de début : Mes deux sœurs jumelles, ou Il est frisé
mon beau p'tit frère, par exemple, dont les titres suffisent
amplement à préciser le genre...»
Quant à La Paimpolaise, voici ce qu'il
en dit :
«...elle avait, par sa grâce naïve et touchante,
toutes les qualités qui séduisent le public, et je fus emballé dès la
première lecture. [...] Marinier, qui était à la fois musicien et poète,
partageait ma confiance :
- Cette musique sera fredonnée
partout dans huit jours ! assurait-il.
[...] un jour, tandis que j'apprenais la Paimpolaise, nous découvrîmes
ensemble un petit écueil au troisième refrain qui était primitivement écrit
ainsi :
«Ta voiture, mon vieux Jean-Blaise, Est moins blanche au mât
d'artimon Que la peau de la
Paimpolaise Qui m'attend au pays
breton !»
Or, à l'avant-dernier vers, par suite d'un court arrêt que m'imposait la
musique, j'avais l'air de prononcer seulement : «que la peau», ce qui eût pu
prêter à rire à un public facétieux. Par ailleurs, Marinier me fit remarquer
qu'en esquivant la pause indiquée, je paraîtrais dire «que la peau de
lapin...» L'autre danger ! On en fit part à Botrel qui, sans discuter,
modifia la phrase ambiguë, et lui donna sa forme définitive :
«que la coiffe à la Paimpolaise...»
[...] Mais le succès nécessitant de nouvelles
éditions [...] [un], tirage supplémentaire comporta des «variantes»
au texte que, pour ma part, je trouvai discutables. Au quatrième refrain,
par exemple, j'avais l'habitude de chanter :
«Je serions ben mieux à notre aise, Les draps tirés jusqu'au
menton, À côté de ma
Paimpolaise...»
Mais Botrel, entre temps, remplaça le second vers par celui-ci :
«devant un joli d'ajonc...»
A mon sens, l'évocation était beaucoup plus faible, sans parler du geste,
bien moins amusant, qui pouvait l'accompagner. Tu penses bien qu'un gars de
vingt ans sevré d'amour, rêvant entre ciel et l'eau, ne pense pas
spécialement, en dépit du froid, au coin de l'âtre familial....
De même, au couplet suivant, je disais d'abord :
«Pour combattre la flotte anglaise, Comme il faut plus d'un
moussaillon, J'en f'rons deux à la
Paimpolaise...»
Pourtant, en dépit de la nécessité nationale de «plus d'un moussaillon»,
Botrel fit mettre, au troisième vers :
«J'en caus'rons à la Paimpolaise...»
Mayol et La lettre du gabier de Théodore Botrel
Voici quatre photos de Mayol, en
gabier - Dieu sait comment on a pu convaincre Mayol de poser ainsi - photos qui n'ont peut-être pas plu à Botrel mais quels documents !
(Collection
Jean-Yves Patte)
   

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