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Au cours de la Grande Guerre (14-18), Botrel fut appelé à rehausser le moral des troupes. - Cela donna lieu à d'autres chansons et d'autres recueils (voir
à :
Théodore Botrel -
Fiche biographique) :
Dans la préface à l'un de ces recueils, «Chants
du Bivouac» publié en 1915, Maurice
Barrès, alors le chef de file du mouvement nationaliste, mentionne les circonstances dans lesquelles Botrel a été appelé à jouer ce rôle :
"[le Ministre de la Guerre]
Millerand a fait une jolie chose. Il a
chargé Botrel de se rendre "dans tous les cantonnements, casernes,
ambulances et hôpitaux" pour y dire et chanter aux troupes ses poèmes
patriotiques".
Le reste de la préface nous démontre que Barrès a
effectivement lu ces «Chants
du Bivouac» mais qu'il les ait lus et
qu'il ait ensuite décidé de les préfacer, voilà qui nous indique : ou le
climat de la France à ce moment-là, ou jusqu'à où l'auteur des «Déracinés»
était prêt à aller pour promouvoir son mouvement nationaliste.
Ces chants, même en faisant l'immense recul qu'il faut faire pour comprendre le climat dans lequel ils ont été composés, sont étonnants -
étonnants par leur facture non pas simpliste (ce qui pourrait, à la rigueur être acceptable) mais d'une bêtise à faire pleurer. - À se demander, lorsque comparés aux chansons naïves mais
toujours sincères du célèbre
Soldat Lebrun, si les soldats à qui ces chants étaient destinés ne se lançaient
pas, après les avoir entendus, à l'attaque pour justement fuir ce barde
engagé pour les motiver, i.e. : «Résultat inattendu de la visite de M.
Botrel : la plupart des éclopés ont demandé à repartir en avant.»
(Médecin-chef de Brienne, cité par Barrès.)
Parmi ces chants :
De la section «En Bretagne», sur
l'air de «Malbrough s'en va-t-en guerre» :
«Guillaume s'en va-t-en guerre
(Colossal, ya, ya colossal)
Comme un tigre en colère
Ou comme un vieux chacal» (ter)
De «En Belgique», sur l'air de «Sur la route
de Louviers»
«Sur la route de Louvain (bis)
Contre mill' nous étions vingt (bis)
Un' p'tit' laitière (bis)
Près d'nous s'en vient (bis)
Un' p'tit' laitière près d'nous s'en vient
Dans sa p'ti' voiture à chien...»
De «En Lorraine, en Champagne», sur l'air de «Auprès
de ma blonde», ces quatre vers encore plus curieux :
(Refrain)
«Pour sauver la France
Qu'il fait bon, fait bon, fait bon
Pour sauver la France
Qu'il fait bon souffrir...»
Dans ce même recueil, Botrel va même jusqu'à se
paraphraser :
(Sur l'air de «Ma Paimpolaise»)
«J'aime Paimpal et sa falaise
Son église et son fin clocher
J'aime encore mieux ma Paimpolaise
Plus encore ma France en danger...»
Et que dire d'une chose presque inavouable, qui
s'appelle «Ma
P'tite Mimi», sur l'air de
Ma
petite Tonkinoise (voir à Polin) et qui se voulait une chanson
pour... mitrailleurs (sic). - Cliquez sur le lien pour en lire les paroles et
l'entendre chanter par un des collaborateurs au site de l'UdeNap.
(Merci encore une fois à Monsieur Christian Declerk
de Dunkerque qui nous a en fait parvenir les paroles et qui nous souligne les avoir
retrouvées dans la revue «La Bonne Chanson», numéro 85, janvier 1916).
Le texte complet - et encore plus surprenant - d'une «Lettre
d'un soldat», tiré du recueil précité, se trouvera joint à une
chanson portant le même titre du
Soldat Lebrun
cité ci-dessus. On pourra comparer.

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