On reproche à Botrel d'avoir été trop Breton. - Non
pas d'avoir été Breton ni d'avoir chanté la Bretagne ni d'avoir utilisé dans
ses chansons ses légendes et son folklore mais de s'être servi de ces légendes
et de ce folklore pour décrire une Bretagne ancienne, idéalisée, plus vraie
que nature, une Bretagne pour gens à la recherche d'un certain exotisme
(aujourd'hui, on dirait «une Bretagne pour touristes»). - Bref, on lui
reproche d'avoir donné de la Bretagne une fausse image.
On lui reproche aussi ses nombreuses chansons
destinées au marché clérical.
On lui reproche d'avoir joué trop complaisamment la
carte militaire au cours de la Guerre 14-18.
On lui reproche son faux accent, son costume et
jusqu'à sa façon de déclamer en chantant.
À sa décharge, on pourra toujours souligner qu'Alibert,
Pagnol, Raimu ont fait pour Marseille ce qu'il a fait pour la Bretagne.
Comparé à
Amiati
ou Bérard (et plusieurs autres), Botrel pourrait
quand même être traité de pacifiste.
Quant à l'accent, le costume, la déclamation,
faudrait peut-être revoir Fernandel,
Dranem
ou même
Mayol.
Sauf que dans chacun de ces cas, on n'a pas cumulé.
Et on ne semble pas s'être pris au sérieux...
Photo ci-dessus :
Botrel et son épouse, au Canada, en 1903 - Cliché J. Pinsonneault, Saint-Jean
Collection
Raoul Laflamme.
