Rares furent les
chansonniers, auteurs, compositeurs, interprètes qui se sont retrouvés
presque immédiatement après leur mort dans le Larousse du XXe siècle mais
Dominique Bonnaud fut un de ceux-là.
Voici ce qu'on disait de lui dans
l'édition de 1948 (six volumes) :
BONNAUD (Dominique),
chansonnier français, né et mort à Paris (1864-1943). Il débuta dans le
journalisme en 1886, devint ensuite le collaborateur de R. Salis au Chat Noir (1893), puis fonda en 1898 le Cabaret des Arts avec
Xavier Privas, Baltha, etc., et en 1904, le Logiz de la Lune Rousse.
Il a écrit de nombreuses revues et chansons.
C'est peu pour décrire un bonhomme
qui, selon la tradition du Grand Larousse, aurait pu être un de ces parfaits
inconnus dont ses éditeurs sont friands (mais avec photo) car : fils d'un
chef de bureau de la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur il fut
d'abord secrétaire du prince Roland
Bonaparte (le géographe et botaniste). Ayant continué dans cette
carrière, il aurait fait l'objet d'un article beaucoup plus documenté mais,
hélas, chansonnier et tenancier de cabarets, son nom fut supprimé des
éditions subséquentes.
Michel Herbert (La
Chanson à Montmartre, La Table Ronde, 1967) remonte à quelques années en
arrière pour nous décrire un élève déplorable, turbulent même, qui fit fit
son service dans les dragons et qui, du temps de son poste au secrétariat
d'un des prétendants au trône, collaborait au Petit Caporal
(en y écrivant les mérites d'un marchand de fromages, lequel le
récompensait en nature) de même qu'à La France où il
rédigeait, de semaines en semaines, des chroniques en forme de chansons.
Ce qui nous amène au
Chat Noir :
Bon rimeur, il fut accueilli par
Salis dès 1891 mais un de ses oncles horrifié convainquit le prince Roland
d'amener son neveu dans une de ses tournées internationales.
De retour à Paris, il se présenta à
nouveau chez Salis et décida, en 1895, de joindre cette joyeuse bande de
rimeurs et de chansonniers mais pour toujours.
Après Salis (il fit trois tournées
avec le maître), il prit la relève allant jusqu'à faire revivre le fondateur
du Chat Noir au cours de l'Exposition de 1900 mais c'est comme animateur de
cabaret qu'il devint justement célèbre grâce à son exceptionnelle
vitalité (Michel Herbert, opus cité) jusqu'à les infirmités de la
vieillesse eurent raison de ses forces.
Terminons en mentionnant (pour une
future édition du Grand Larousse) qu'il mourut chevalier de la Légion
d'honneur, Président d'honneur de l'Association Amicale des Chansonniers de
Cabaret et qu'il a été l'auteur, en collaboration avec Pierre Varenne, d'un
à-propos en vers joué à la Comédie-Française...
Son oeuvre ?- Elle est dispersée
dans des dizaines de journaux, petits formats, livres de recueils,
plaquettes, jusqu'aux dos de menus et de feuillets publicitaires car le
Monsieur, quoiqu'on dise, savait rimer.
À noter :
D'océan à océan. Impressions d'Amérique, Paris, Paul Ollendorff éditeur, 1897
Voir également
Numa Blès