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Si l'on fait
exception de sa voix unique et de sa façon d'exprimer le plus
sérieusement possible des sentiments divers (on ne rit pas chez Bérard !), on peut dire sans trop se tromper qu'il a chanté à peu près
n'importe quoi tout en limitant quelque peu son répertoire aux amours
déçues et aux grandes envolées patriotiques.
Voici quelques
extraits de chansons sur lesquelles il a apposé sa signature :
Amour, amour quand tu nous tiens...
(Attention aux rimes !)
Autrefois j'avais d'la fortune Mais pour un amour insensé Et les caprices de ma brune J'ai fini par tout dépenser... (Marchand d'ballons - Félix Mortreuil et Félix Chaudoir - 1902)
Depuis que ma Ninon est partie Ma tête est un capharnaüm Et pour oublier mon amie Je fume le troublant opium... (Fumeur d'opium - Félix Mortreuil, Eugêne Joullot et Charles Helmer - 1906)
Depuis que tu m'as quitté Gervaise Désertant le logis un soir Me trouvant seul dans la fournaise Je suis r'tourné à l'Assommoir J'ai bu de l'absinthe comme une brute... (Gervaise - Spencer - 1907)
Ah la gueuse elle m'a trahi ! C'est Gaby : elle se marie... (Gaby - Félix Mortreuil, Eugêne Joullot et
Charles Borel-Clerc - 1907)
Au lieu d'aimer J'aurais dû boire... (Verse Babet - Hervechon - 1908)
Depuis que tu as pris mon coeur Trop coupable amante Emportant tout mon bonheur Je souffre méchante... Toi cause de ma folie Et de mon bonheur brisé... (Rends-moi mon coeur - Palmourès - 1908)
Après avoir été trompée Dans la foi d'un premier serment Une femme qui fut dupée... (La Carmélite - Félix Mortreuil et Léo Daniderff - 1908)
Aujourd'hui nuit de fleurs Et demain... jour de pleurs (Le coeur tzigane - Armand Foucher et Jules Vercolier - 1910)
Car Lison comme son amant Pour toujours a perdu la tête (En quatre-vingt-treize - Ferdinand-Louis Bénech et Léo Daniderff - 1910)
Oui c'est pour toi Pour le charme ingénu de ta lèvre de rose Que plein d'émoi Mon coeur est devenu un foyer de névrose... (Pour toi ! - Valentin Tarault, Albert Schmit, Pietro Codini et Charles Courtious - 1911)
Pour la patrie, pour la
gloire, pour la défense de la veuve et de l'orphelin :
Vers la gloire allons joyeusement Pour la France et le régiment (Fanfan-la-fleur -
Louis Bousquet et
Charles Borel-Clerc - 1909)
Chargez, chargez sabre au poing, bride aux dents, Vaillants dragons, fils des tempêtes. Entendez les appels stridents Que font retentir les trompettes. Sabrez sans pitié, sans quartier... (Chargez !
- Louis Niallo'h - Charles Merelly - 1894)
Pour la France pour la patrie À nous la victoire des flots (Matelots à l'abordage - Édouard Jouve - 1907)
Fuyez barbares et laquais C'est ici la porte de France Et vous ne passerez jamais... (Verdun ! On ne passe pas ! - Jack Cazol, Eugène Joullot et René Mercier - 1916)
C'est le Poilu, soldat de France Qui, sans peur, marchait au combat Bravant la lutte et la souffrance Le Poilu était toujours là !
(Qui a gagné la guerre ? - Charles-Louis Pothier et
Charles Borel-Clerc - 1919)
Écoutez ! Regardez ! Les voyez-vous Les hussards, les dragons, la Garde ? Ils saluent tous L'Empereur qui les regarde (Le rêve passe - Armand Foucher, Georges Krier et Charles Helmer - 1906)
Mais le grand Bérard, celui qui, forcément, allait
devenir la tête de Turc de Georgius, celui dont on se souvient le plus
(une fois qu'on l'a entendue), a toujours donné le meilleur de lui-même
dans le grand mélo :
Maître-Jean pâlissant de haine Comme un fou saisit son fusil Et l'on entendit dans la plaine Un coup d'feu déchirer la nuit... (Le moulin de Maître-Jean - Bertal, Marnois et
Charles Borel-Clerc - 1911)
Pourquoi ces pleurs, ces cris, pourquoi ces
orphelins ?
Pour un simple, un tout petit rien :
L'infidélité d'une femme...
(Le train fatal - Charles Louis Pothier et
Charles Borel-Clerc - 1918)
Et je r'connais alors ma femme Dont le regard me suppliait Comprenant tout j'lui criai : Gueuse ! Je vais te rendre ton amant Et pris d'une folie furieuse Je r'jetai l'homme dans l'océan... (Le loup de mer - Louis Despax et
Charles Borel-Clerc - 1910)

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