Elle aurait été une excellente meneuse de
revue mais aucun film d'elle de Gaumont, aucune image dans les programmes de
l'époque. Quant à sa voix, aurait-elle seulement été enregistrée ? Il ne semblerait
pas. Et nous avons eu beau éplucher des centaines (lire : milliers) de petits
formats, nous n'en avons retrouver aucun à son nom.

Elle est née Louise Bidart à Bayonne le 22
août 1865
et aurait suivi, selon les uns, quelques leçons de ballet avant de se tourner
vers la chanson comique à l'âge de 17 ans. Selon d'autres, elle aurait été
femme de chambre avant de devenir «professionnelle» pour ensuite passer
à la chanson, poussée par un de ses «admirateurs», en 1891.
Chauveau [*]
la situe à l'Alcazar d'été en 1886 ; ce qui correspondrait à la première
version et à la période où Paulus parle d'elle dans ses
mémoires (chapitre
32).
[*] Music-Hall et café concert - Bordas Spectacles - 1985.
On la sait au Moulin-Rouge en 1903 (revue «T'en
as un œil» - 100 représentations) mais elle a également chanté à la
Cigale, à la Boîte à Fursy, aux Folies-Bergère et même à l'Olympia, avec
Polaire, en
1912.
Hôtel particulier, rue de Chazelles à partir
de 1909 ou 1910. Au Majestic, durant la guerre. Après...
Dans ses «Cahiers bleus» [*]
Liane de Pougy nous en dresse, en 1919, le portrait suivant :
«Louise a de l'élégance, un chic rare,
porte des chapeaux gigantesques qui ne vont bien qu'à elle, se vêt de noir
et blanc, bien chaussée, bijoux à la dernière mode, vrais ou faux, s'y
connaît en antiquailles comme le plus finaud des marchands, caresse un saxe
ou une pâte tendre en connaisseur, comme un gourmet, s'est meublé un petit
hôtel digne d'une reine : de rares meubles rares ; a fait une vente
fructueuse. La petite paysanne basque a fait du chemin et peut servir de
symbole et d'exemple, rit, chante, danse, aime, récite, ment, grogne,
blague... Quelle vitalité ! Tout le monde l'aime bien, car la gaieté, c'est
encore ce qui reste de meilleur au fond du verre. Sa voix a un charme
extraordinaire, grave, sonore et modulée. - Un jour une jolie femme-sotte
dit à quelqu'un devant moi, devant Louise : "Louise est laide."
L'interpellée répondit : "Louise n'est laide que pour les imbéciles".»
[*] Mes
cahiers bleus - Plon - 1977
En 1921, elle vivait chez un grand
d'Espagne, José de la Pena du Guzman, un ex-modéliste et essayeur chez Doucet,
rue de Ville-l'Évêque. - Voyages en Amérique. - Remonte sur scène mais pas
pour longtemps. - En 1925, elle signe un engagement à l'Apollo mais, en août,
elle s'alite. Deux jours plus tard elle était morte. - Une maladie qu'elle
dissimulait depuis plusieurs mois.
Une grosse fortune, dit-on, et que ses
sœurs se sont partagée.
Voici ce qu'en disent Brunschwig,
Calvet et Klein [*] :
«Grande, mince, Louise Balthy était
élégante dans son maintien, spirituelle et douée d'un grand pouvoir comique.
Son intelligence mordante en fit une spécialiste des chansons rosses,
qu'elle parsemait du mot de Cambronne.»
[*] Cent ans
de chanson française - Éditions du Seuil, Collection Points Actuels -
1981
Et puis vous a-t-on dit qu'elle jouait de
plusieurs instruments et qu'elle chantait la
tyrolienne ?
Tout un programme pour une femme qui, somme
toute, a laissé très peu de traces derrière elle sauf une certaine influence.
Mentionnons quand même que, n'eut été de
Monsieur de Guermantes, Madame de Guermantes l'eut volontiers invitée à une de
ses soirées... [*]
[*] À la recherche du Temps perdu -
Marcel Proust - La pléiade, édition de 1989, vol. 4, page 571.