Tout a été dit sur cette
chanteuse-danseuse-meneuse de revue née Freda McDonald à Saint-Louis (Missouri) le 3 juin
1906 et décédée à Paris au moment où elle en était à sa quatorzième
représentation de sa dernière revue, Joséphine, le 12
avril 1975.
Des centaines de sites lui sont dédiés et l'on
peut encore aujourd'hui se procurer en librairie, et ses disques, et de nombreuses biographies.
Ses frasques sont connues, de même que son
implication dans la résistance et son œuvre des Milandes.
Elle fut la première vedette noire, ce qui est
extraordinaire car elle n'était pas nécessairement ni bonne danseuse, ni une
bonne chanteuse et, en meneuse de revue, elle était, dans un certain sens, tout ce qu'il y a de plus
conventionnel sur scène, si on exclut ses premières prestations avec sa ceinture de bananes et sa façon de se déhancher.
Le scandale qu'elle a déclenché en 1925, lorsqu'elle
débarqua à Paris, en dansant mi-nue, dans la Revue nègre, des
danses alors inconnues en France (le Charleston, le Black Bottom, etc.), y est
peut-être pour quelque chose.
Du côté de la chanson, elle nous a donné quelques
succès dont une reprise de La petite tonkinoise (Scotto -
Christiné - Villard)
créée originalement par Polin, J'ai deux
amours(Scotto - Koger-Varna), deux chansons qu'elle n'a cessé
de chanter au cours de sa longue carrière, de même que plusieurs
chansons écrites pour elle : Dis-moi Joséphine (Bela - Lelievre
- Varna - Marc Cab), Sous le ciel d'Afrique (A. de Badet-Dallin), etc.
dont cette étonnante petite chose que l'on entend peu souvent, enregistrée en
1933 - Columbia 78t - DF 1070):
Si
j'étais blanche (Falk - Varna - Lelièvre) parfois publié sous le
titre de Je voudrais être blanche.
(Pour un de ses enregistrements de
La petite
tonkinoise, voir à Cinquante chansons, numéro 19 et pour un de
ses enregistrements de J'ai deux amours, voir sur la même
page, au numéro 34)
Au cinéma, Joséphine Baker a tourné quelques
films dont deux méritent une mention :
Zouzou (1934), une comédie de Marc Allegret
avec Illa Meery, Jean Gabin, Pierre Larquey et Yvette Lebon.
La jolie mulâtresse Zouzou
(Joséphine
Baker) est éprise de son camarade d'enfance (Jean Gabin) qui lui
préfère Claire (Yvette Lebon), la meilleure amie de Zouzou...
De ce film, retenir deux
chansons : C'est lui et Haïti où, au demeurant, elle n'a jamais mis les pieds.
Princesse Tam-Tam(1935) de Thunder Greville
avec Albert Préjean, Robert Arnoux et Viviane Romance
Le romancier Max de Mirecourt
(Albert
Préjean) fait passer pour princesse la jeune Arabe Aouïna (Joséphine Baker) qu'il a ramenée à Paris pour lui servir de muse.
Confrontée à la vie parisienne, la jeune fille a des réactions
surprenantes...
Joséphine Baker et Jo
Bouillon (avec la collaboration de Jacqueline Cartier) - Robert Laffont,
1976
Et, naturellement, ses propres «Mémoires» recueillis et adaptés par Marcel Sauvage (elle avait alors 22 ans !) parus chez Kra en 1927 et qui contiennent 30
dessins de Paul Colin.