Il a composé également. Plusieurs chansons dont des
chansons pour enfants tout à fait charmantes (musique de Désiré Dihau).
Une de ses romances, «Quand
les lilas refleuriront», créée par son
ami Paul Delmet, publiée dans Le Chat Noir du 15 avril 1890 sous le
titre de Spring Ballad, allait devenir célèbre :
Quand les lilas refleuriront,
Au vent les capuchons de laine !
Robes rouges nous remettrons
Quand les lilas refleuriront !
...
Allez dire au printemps qu'il vienne !
Exubérant convive (Michel Herbert), Auriol fut de
tous les mardis du Chat Noir, aux côtés de
Salis, Claude Debussy (qui s'y
faisait appeler Achille de Bussy), Paul Verlaine et compagnie.
Fréquentait-t-il d'autres cabarets ? -
Bien sûr ! - Le Tabourin où il retrouvait Van Gogh et Gauguin, le Cabaret des
Assassins où il trinquait en compagnie d'Alphonse Allais, Courteline, Caran d'Ache, Clémenceau,
Renoir...
En 1902, sans doute las d'une
jeunesse qui s'étire, il se tourne du côté de l'imprimerie où ses talents le
poussent, entre autres, à créer plusieurs types de caractères dont la célèbre
police de caractères Auriol dont allait s'inspirer Guimard pour ses stations de métro :

Collaborateur de la Librairie
Larousse, ce serait à lui qu'on devrait, selon certains, le premier dessin de la Semeuse qu'on dit
de
Grasset qui en aurait fait la gravure.

François Caradec
corrige : «Auriol ne
serait pour rien dans la semeuse de Larousse. C'est Eugène Grasset et lui
seul [qui en serait l'auteur¸], Grasset, qu'Auriol a connu au Chat
Noir, qu'il l'aurait fait entrer chez Larousse où il a fait longtemps la
publicité, les fers des reliures, etc.»
De 1924 à 1938, il enseigne le dessin à l'école
Estienne avant de disparaître, à Paris en 1938, à l'âge de 75 ans sans doute heureux de savoir que sa romance - et quelle romance ! - «Quand
les lilas refleuriront» a fait et continue de faire le tour du monde.
Pour mémoire :
Un magnifique livre, abondamment illustré, paru chez Plein Chant (Collection Type-Type) en 2004 - George Auriol, 42 contes mêlés de typographie (avec des notes de François
Caradec).
