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Poète, chansonnier, journaliste, peintre, graveur, George
Auriol, de son vrai nom Jean Georges Huyot, est né à Beauvais en 1863.

Initiales stylisées par G. Auriol
On le retrouve
d'abord, en 1885, à l'âge de 22 ans, secrétaire de la rédaction du Chat Noir
succédant à Albert Tinchant, celui qui y en était l'habituel pianiste, qui
lui-même avait remplacé Edmond Deschaumes dont l'inconstance était si
régulière qu'on avait pris l'habitude d'indiquer en première page de ce
journal «Secrétaire de la direction : Feu Deschaumes». Il a aussi collaboré, en complet humoriste, via des
illustrations, des poèmes et des contes qui furent par la suite publiés en
plusieurs volumes (dont «Histoire de rire», 1893, «En revenant de
Pontoise», 1894, «Le chapeau sur l'oreille», 1897, etc.). Il a composé également. Plusieurs chansons dont des chansons
pour enfants tout à fait charmantes (musique de Désiré Dihau). Une de ses romances, «Quand
les lilas refleuriront», créée par son ami Paul Delmet, publiée dans Le Chat Noir du 15 avril
1890 sous le titre de Spring Ballad, allait devenir célèbre :
Quand les lilas refleuriront,
Au vent les capuchons de laine !
Robes rouges nous remettrons
Quand les lilas refleuriront !
...
Allez dire au printemps qu'il vienne !
Exubérant convive (Michel Herbert), Auriol fut
de tous les mardis du Chat Noir, aux côtés de Salis, Claude Debussy
(qui s'y faisait appeler Achille de Bussy), Paul Verlaine et compagnie. Fréquentait-t-il d'autres cabarets ? - Bien sûr ! - Le
Tabourin où il retrouvait Van Gogh et Gauguin, le Cabaret des Assassins où
il trinquait en compagnie d'Alphonse Allais, Courteline, Caran d'Ache,
Clémenceau, Renoir...En 1902, sans
doute las d'une jeunesse qui s'étire, il se tourne du côté de l'imprimerie
où ses talents le poussent, entre autres, à créer plusieurs types de
caractères dont la célèbre police de caractères Auriol dont allait
s'inspirer Guimard pour ses stations de métro :

Collaborateur de la Librairie Larousse, ce
serait à lui qu'on devrait, selon certains, le premier dessin de la Semeuse
qu'on dit de Grasset qui en aurait fait la gravure.

François Caradec corrige : «Auriol ne serait pour rien dans la semeuse de Larousse. C'est
Eugène Grasset et lui seul [qui en serait l'auteur¸], Grasset,
qu'Auriol a connu au Chat Noir, qu'il l'aurait fait entrer chez Larousse où
il a fait longtemps la publicité, les fers des reliures, etc.» De 1924 à 1938, il enseigne le dessin à l'école Estienne
avant de disparaître, à Paris en 1938, à l'âge de 75 ans sans doute heureux
de savoir que sa romance - et quelle romance ! - «Quand
les lilas refleuriront» a fait et continue de faire le
tour du monde.
Pour mémoire :
Un magnifique livre, abondamment illustré,
paru chez Plein Chant (Collection Type-Type)
en 2004 - George Auriol,
42 contes mêlés de typographie (avec des notes de François Caradec).

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