Marie-Léonide Charvin,
dame Nique en premières noces et dame Marye en deuxième, dite Mlle
puis Madame Agar.
Une des nombreuses interprètes du XIXe siècle qui débutèrent au café-concert pour se tourner vers le
théâtre ou l'opérette.
Elle fut, selon Henry Lyonnet (Voir à :
Bibliographie), une des plus grandes tragédiennes de sonb époque.
Née à
Sedan (Ardennes) le 18 septembre 1832 (et non à Bayonne, en septembre
1837 comme elle s'inscrivit elle-même à l'Association des artistes),
elle s'enfuit d'un premier mariage plus ou moins raté (sa jeunesse
est digne d'un roman) pour se rendre à Paris où elle arrive en 1853
pour immédiatement se lancer dans une carrière
«artistique» dans divers
beuglants et cafés-concerts (celui des Géants et du Cheval
Blanc, entre autres) où elle chante la romance sous le nom de Mlle Lallier.
Elle suit ensuite des cours de comédie qui l'amène à changer ce nom
en celui d'Agar, cette esclave égyptienne que Sarah offrit à son mari Abraham.

Elle débute
à l'École lyrique de la rue Tour d'Auvergne en 1859, pour passer à
l'Odéon en 1862, à la Porte St Martin en 1865 et finalement à la
Comédie Française où elle est admise pensionnaire en 1869 mais d'où
elle est forcée de démissionner en 1872 pour avoir participé à un
spectacle au bénéfice des victimes de la Commune (1871) et puis
peut-être pour avoir trop souvent chanté «La Marseillaise des femmes»
(Paulus,
Mémoires,
chap. 11).
Pendant trois ans, elle
parcourt la France avant de revenir à Paris en 1875 et retourner à
la Porte Saint-Martin, pour rentrer à nouveau à la Comédie française
en 1878 où elle ne lui fait plus jouer que des rôles de dames aux
cheveux blancs (elle en a 46). Elle repart en tournée (Espagne,
Afrique, Belgique), revient à Paris en 1882, repart en province,
revient rue Richelieu en 1888 mais démissionne peu de temps après
où, malgré les promesses, on refuse de la nommer sociétaire.
Les voyages. la fatigue
et la maladie ont finalement raison d'elle.
En 1890 - elle a alors 58
ans -, elle se retire à
Mustapha, en Algérie, où son second mari est conservateur du Musée
des antiquités africaines, à Alger, et où elle rend l'âme le 15 août
1891.