Cette fois-ci on ne peut s'y tromper : c'est bien
Trenet ; ça ne peut être personne d'autre : ce chanteur vagabond, ce fou
chantant qui saute sur le piano et qui crie qu'il est heureux et libre
enfin !
Erreur là aussi : le créateur de cette chanson, c'est
Maurice Chevalier
qui l'a mise à son répertoire presque en même temps que Y'a d'la
joie. - En 1937, Trenet, en effet, est à faire son service
militaire mais le grand Maurice ose faire ce qui ne se fait pas
généralement : il présente son jeune compositeur à son public. L'accueil
qu'on lui fait décide le jeune Trenet (il a alors 24 ans) à se lancer en
solo et dès sa rentrée, en 1938, il reprend sa chanson éclipsant du même
coup la version de Chevalier qui continua cependant à chanter Y'a d'la
joie jusqu'à la toute fin de sa carrière.
Le plus curieux de cette histoire, c'est que ce
Je chante - on l'oublie trop souvent - avec son refrain si
entraînant, si bondissante, finit par un suicide mais on n'en était pas à
une surprise près avec ce jeune fou chantant...