Paroles de M. Bertal, B. Maubon et Henri Lemonnier. -
Musique de Léo Daniderf.
Beaucoup de paroliers pour une chanson toute simple : «Je
cherche après Titine, Titine oh ! ma Titine. Je cherche après Titine et ne la
trouve pas...», surtout que la Titine en question était une
chienne mais cette chienne allait faire le tour du monde.
En 1917, à la veille de la rentrée en guerre des
États-Unis, les poilus, dans les tranchés chantaient La Madelon (voir
au numéro 25), une chanson quelque peu compliquée pour ces sammies qui ne
parlaient pas français mais la Titine était plus facile à apprendre.
Aussi, après l'avoir sifflotée, chantée, jouée à l'harmonica, à la guitare,
au piano, ils la ramenèrent chez eux. L'histoire aurait pu se terminer là
mais à force d'être colportée partout en Amérique, elle finit par devenir une
sorte de symbole d'un Paris fin-de-guerre ou du début des années vingt. Et
les choses auraient pu, encore une fois, en rester là mais voici qu'un
personnage très connu décida de l'utiliser pour un de ces films. Et c'est
ainsi que Charles Chaplin passa du côté de la chanson française.
Le film allait devenir "Les temps
modernes" (Modern Times), le
premier parlant de Chaplin.
On connaît le scénario : Charlot est ouvrier dans une
usine démentielle. Il se fait renvoyer et se retrouve dans un restaurant où
les garçons font partie du spectacle. - Charlot n'a pas encore dit un mot ;
ceux qui sont venus l'entendre attendent avec impatience : quel timbre
aura sa voix ? - Et voilà que Charlot non seulement va parler mais il va chanter ! - Un truc pour mémoriser les paroles de sa chanson mais le truc
ne fonctionne pas. - Et l'on attend, attend. - L'orchestre a entamé
l'introduction depuis longtemps. - Puis la voix vient dans un sabir
indescriptible.
Le repiquage est mauvais (*) mais quel document !
Je cherche après Titine
enregistré (filmé) par Charles Chaplin en 1936
(*) Moins depuis que Monsieur
Ferry Schelleman
de Meersen (Pays-Bas) nous en a fait parvenir une version «nettoyée».