Paroles d'Edmond Bouchaud, dit
Dufleuve- Musique de Raoul Georges
Parmi les chanteurs comiques du début du siècle
dernier, il y avait, bien sûr, Polin que nous avons entendu récemment
(numéros 17 et
19), tout en nuances malgré certaines erreurs dans le choix de
son répertoire mais aussi de gros farceurs qui se déplaçaient continuellement
sur scène en insistant sur chacun de leurs effets. - Faisaient également
partie de la plupart des programmes de l'époque des chanteurs-clowns aux
étranges costumes ou qui faisaient rire parce qu'ils étaient gros, maigres ou
marchaient d'une drôle de façon. - Le modèle du genre fut Dranem
que Boris Vian n'hésitait pas à qualifier de génie et que nous écouterons bientôt. - Mais il y avait aussi un saule pleureur et ce saule pleureur,
c'était Montel qui, long, triste, serré dans
un habit noir, débitait avec lenteur ses refrains d'une idiotie à, justement,
faire pleurer :
Lui on l'appelait Collin
Ell' on l'appelait Colline
Il était né orphelin
Elle était née... orpheline
Lui était marchand d'raisin
Ell' vendait de la... résine
Comm' il était son voisin
Ell', ell' était sa... voisine.
(Collin, Colline - Henri Poupon, G. Monge et Vincent
Piget - 1910)
Son plus grand succès fut une scie que
Polin
lui-même mit à son répertoire et qu'on enregistrait encore en 1991 (Hélène
Delavault) : Elle était souriante, l'histoire d'une petite
châtelaine enlevée par des romanichels et qui, séquestrée, torturée,
poignardée, noyée, empoisonnée et même écrasée sous un autobus, continuait, à
sourire et à arroser ses petites fleurs grimpantes avec de l'eau de son
p'tit arrosoir...- Un vrai morceau d'anthologie :