2009-07-24
6 Le père la Victoire

   
Louis Gaston (Gustave) Ganne
(1862 – 1923)


1888 - Paroles de Lucien Delormel et Léon Garnier, musique de Louis Ganne


Deuxième immense succès de Paulus (après "En revenant de la revue" - 1886 - voir numéro précédent).

Même paroliers, même tempo. Le compositeur est différent mais il vient à peu près du même milieu que le précédent :

Louis Gaston (Gustave) Ganne (1862 – 1923) issu, lui aussi, du Conservatoire. - Il a composé comme l'autre diverses petites pièces musicales (on en compte plus de 150 pour le piano), quelques ballets mais surtout des opérettes (Les saltimbanques, Le paradis de Mahomet, Hans le joueur de flûte, Rhodope...) et... plusieurs marches militaires ou quasi-militaires dont la plus célèbre demeure "la Marche Lorraine" dont nous avons parlé en notre page sur "Sambre et Meuse". - Chef d'orchestre, ce Louis Ganne fut, pendant un temps, le directeur musical (après-midi seulement) du célèbre Café des incohérents, qui, le soir venu, devenait un café-concert.

De ce Louis Ganne, Lucien Delormel et Léon Garnier ont emprunté cette fois-ci la musique d'une autre marche, celle de "la Marche française", qui, sans doute à cause des paroles qu'on lui a accolées, n'a pas connu le succès militaire (si on peut parler d'un succès militaire) de "la Marche Lorraine".

Le tempo est là, identique ou presque à l'autre et effectivement, si l'on ne porte pas trop attention à la tonnelle et au vin, on pourrait très bien penser à un défilé. Or, cette chanson n'a rien d'un défilé. Ce n'est pas non plus, à proprement parler, une chanson revancharde à la Amiati mais l'Alsace, la Lorraine ne sont pas loin. - Et puis une petite référence, en passant, au trafic des décorations...

Tout cela est sans importance.

Ce qui est important, c'est de se souvenir que c'est ce genre de chansons qu'on chantait à la fin des années quatre-vingt dans les Caf' Conc' et les salles de l'époque. - En trinquant, naturellement.

Une autre chanson oubliée - ou peut-être tout simplement mise en réserve...

L'interprétation que nous proposons est celle de Weber et date de 1908. - Attention au refrain !


Henri Weber - "Le Père la Victoire" - 1908