Deuxième immense succès de
Paulus (après En revenant de la revue - 1886 - voir
numéro
précédent).
Même paroliers, même tempo. Le compositeur est
différent mais il vient à peu près du même milieu que le précédent :
Louis Gaston (Gustave) Ganne (1862 –
1923) issu, lui aussi, du Conservatoire. - Il a composé comme l'autre diverses petites pièces
musicales (on en compte plus de 150 pour le piano), quelques ballets mais
surtout des opérettes (Les saltimbanques, Le paradis de Mahomet, Hans le
joueur de flûte, Rhodope...) et... plusieurs marches militaires
ou quasi-militaires dont la plus célèbre demeure la Marche Lorraine
dont nous avons parlé en notre page sur
Sambre et
Meuse. - Chef d'orchestre, ce Louis Ganne fut, pendant un temps,
le directeur musical (après-midi seulement) du célèbre Café des incohérents,
qui, le soir venu, devenait un café-concert.
De ce Louis Ganne, Lucien Delormel et Léon
Garnier ont emprunté cette fois-ci la musique d'une autre marche, celle de la
Marche française, qui, sans doute à cause des paroles qu'on lui
a accolées, n'a pas connu le succès militaire (si on peut parler d'un
succès militaire) de la Marche Lorraine.
Le tempo est là, identique ou presque à
l'autre et effectivement, si l'on ne porte pas trop attention à la tonnelle
et au vin, on pourrait très bien penser à un défilé. Or, cette chanson n'a
rien d'un défilé. Ce n'est pas non plus, à proprement parler, une chanson
revancharde à la Amiati mais l'Alsace, la Lorraine ne sont pas loin. - Et puis une
petite référence, en passant, au trafic des décorations...
Tout cela est sans importance.
Ce qui est important, c'est de se souvenir que
c'est ce genre de chansons qu'on chantait à la fin des années quatre-vingt
dans les Caf' Conc' et les salles de l'époque. - En trinquant, naturellement.
Une autre chanson oubliée - ou peut-être tout
simplement mise en réserve...
L'interprétation que nous proposons est celle de
Weber et date de 1908. - Attention au refrain !