Il en fallait une, une première
chanson dans cette série, et nous en avons, pour cela, une qui, en 1870, avait déjà... quatre-vingt-cinq ans.
Plaisir d'amour
Plaisir d'amour ne dure qu'un
moment,
Chagrin d'amour dure toute la vie.
J'ai tout quitté pour l'ingrate Sylvie.
Elle me quitte et prend un autre amant.
Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,
Chagrin d'amour dure toute la vie.
Tant que cette eau coulera doucement
Vers ce ruisseau qui borde la prairie,
Je t'aimerai, me répétait Sylvie,
L'eau coule encore, elle a changé pourtant.
Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,
Chagrin d'amour dure toute la vie...
Son auteur : Jean-Pierre Claris de Floriant. Son compositeur
: Jean-Paul-Égide Martini né Johann Paul Aegidius
Schwarzendorf.
Pas de doute sur la nationalité française de l'auteur mais pour le
compositeur ? - Il était effectivement d'origine allemande mais la chanson
française, comme on le verra par la suite, ne
s'est jamais occupé de ces détails : ses chansons, qu'elles soient
nées en France, en Italie en Allemagne, en Espagne et, par la suite,
aux USA (et ailleurs) sont devenues françaises quand elles ont été
chantées en France, même par des étrangers. - Qui oserait dire,
aujourd'hui, que Viens Poupoule, pour n'en nommer qu'une,
n'est pas une chanson française ?
Mettons que, dans le cas de l'auteur et du compositeur de
Plaisir d'amour, la chose n'est pas aussi
claire qu'elle puisse le paraître. L'édition
de 1785 (vous voyez que ce n'est pas d'hier) mentionne comme co-auteur de
la mélodie un certain Auguste ou Ange-Étienne-Xavier Poisson de La
Chabeaussière, auteur - vous devez vous en souvenir - d'un opéra-comique mêlé d'ariettes connu sous le nom de Azémia ou Le nouveau Robinson, joué pour la première fois à
Fontainebleau le 17 octobre 1786...
Qu'importe. Comme le dit
Trenet
: «Longtemps après que les poètes sont disparus, leurs chansons
tournent encore dans les rues»...
Une des plus françaises des chansons françaises.
Martin Pénet (Mémoire de la chanson - voir
bibliographie) en a relevé, depuis 1902, plus d'une
centaine et il en existe beaucoup d'autres. Ceux qu'il mentionne
vont de
Mercadier à Mireille Mathieu
en passant par
Réda Caire,
Georges Guétary et... Eddy Mitchell.
Nos préférés sont ceux d'Yvonne
Printemps (version 1938) et de Ninon Vallin qu'on
trouvera facilement dans des coffrets ou des CD individuels chez,
particulièrement, EPM et Frémeaux.
En voici un fait à New York en 1927 par la
basse canadienne Armand Gauthier décédé en 1949 :